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De nombreuses communes flamandes célèbrent aujourd'hui Saint-Martin mais qui était-il au juste ?

Pour la plupart des enfants, il faut attendre le 6 décembre pour voir passer le grand Saint-Nicolas, mais dans la région d’Alost, d’Ypres, ainsi que dans certaines communes des Campines et du Limbourg, un autre saint patron des enfants arrive déjà le 11 novembre : Saint-Martin. Mais qui est ce Saint-Martin, moins connu ? Et pourquoi vient-il presque un mois plus tôt que Saint-Nicolas ?

Erik De Troyer Eric Steffens Moonray Grunewald
Publié:

Deux saints différents, mais beaucoup de ressemblances

Pour être clair : Saint-Martin et Saint-Nicolas sont deux personnages historiques distincts, même s’ils ont beaucoup en commun. Tous deux furent évêques, associés à des miracles par l’Église catholique, et vécurent à la même époque, sans pour autant venir des mêmes régions.

Saint-Nicolas est inspiré de Nicolas de Myre, évêque grec du IIIᵉ et IVᵉ siècle, actif dans l’actuelle Turquie. Il est le saint patron des marins, banquiers et commerçants.

Saint-Martin, lui, est inspiré de Martin de Tours, qui vécut également au IVᵉ siècle, dans l’ancien royaume de Gaule (l’actuelle Europe de l’Ouest et du Sud). Il est considéré comme le protecteur des mendiants et des voyageurs.

Martin de Tours offre une partie de son manteau

Des fêtes de la charité en hiver

Si la fête de Saint-Martin ressemble à celle de Saint-Nicolas, ce n’est pas un hasard. Aujourd’hui, tous deux sont vus comme des bienfaiteurs des enfants, distribuant friandises et cadeaux, souvent accompagnés d’assistants. Mais Saint-Martin est moins populaire aujourd’hui, voire totalement oublié dans certaines régions.

"Il fut un temps où l’on célébrait Saint-Martin dans tout le pays, alors que Saint-Nicolas était quasiment inconnu", explique Tony Vaessen, président de la Fédération de la culture populaire des Pays-Bas méridionaux. "Cela s’explique par le fait que Saint-Martin était le saint patron des mendiants. Or, la mendicité faisait partie intégrante de la société." À l’approche de l’hiver, la vie devenait plus dure : la nourriture se faisait rare et la faim menaçait.

"Le 11 novembre, les habitants pouvaient aller chez les fermiers locaux pour recevoir de la viande, des légumes ou des pommes de terre. Les enfants, eux, allaient de porte en porte pour demander l’aumône."

Cette coutume fit de la Saint-Martin un moment social important. "Entre la Saint-Martin et Pâques, il existait d’ailleurs plusieurs fêtes liées à la mendicité. Pourquoi Saint-Nicolas a-t-il peu à peu remplacé Saint-Martin ? Difficile à dire avec certitude."

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"Saint-Martin, le concurrent de Saint-Nicolas pour les enfants impatients" : voici comment on célébrait autrefois la Saint-Martin.

Une fête encore vivante dans certaines régions

La fête de Saint-Martin est traditionnellement célébrée entre le 8 et le 11 novembre. Selon la légende, Martin de Tours serait mort le 8 novembre et inhumé le 11 novembre. De nombreuses communes ont donc organisé ce week-end leurs fêtes de Saint-Martin (ou Martinusfeesten) — comme Alost, Genk et Zonhoven.

D’autres le font la veille du 11 novembre, comme Beveren-Kruibeke-Zwijndrecht ou Tielt-Winge, ou encore le 11 novembre même, comme Malines. 

Si Saint-Martin ne passe plus partout, certaines régions restent fidèles à la tradition : En Flandre orientale, la vallée de la Dendre (Alost, Haaltert, Wichelen, Lede, Erpe-Mere). Dans le Waasland, à Zele. En Flandre occidentale, autour d’Ypres : Ichtegem, Ardooie, Koekelare, Langemark-Poelkapelle, Lo-Reninge, Diksmuide, Houthulst, Ypres, Zonnebeke, Mesen, Heuvelland et La Panne. Dans le Limbourg et les Campines, où les feux de Saint-Martin sont particulièrement populaires : les mouvements de jeunesse rivalisent pour allumer le plus grand brasier.

À Malines, la fête se distingue par le traditionnel chant du “Sinte-Mettelied”. Et, fait remarquable, une tradition de Saint-Martin subsiste aussi dans les Cantons de l’Est, notamment autour de Malmedy.

Des traditions qui varient selon les régions

Comme le souligne Tony Vaessen, la manière de célébrer Saint-Martin varie fortement d’une région à l’autre : "Dans le Limbourg, on met surtout l’accent sur les feux de joie, tandis que dans d’autres régions, ce sont plutôt les processions et cortèges qui dominent. Chaque région a sa propre manière d’honorer Saint-Martin".  

"Dans ma ville de Lommel, nous faisons un cortège avec des lanternes taillées dans des betteraves, suivi d’un grand feu de la Saint-Martin. Tous les enfants reçoivent du chocolat chaud et des crêpes, mais il n’apporte pas de jouets. Ça, c’est la tâche de Saint-Nicolas."

Cependant, dans certaines régions, Saint-Martin apporte bel et bien des jouets. Les enfants chantent des chansons, ou vont "grielen" comme à Beveren : ils passent de porte en porte pour demander des friandises, un peu comme à Halloween.

Autre différence concrète : selon les chansons, Saint-Nicolas habite en Espagne, tandis que Saint-Martin vit au ciel. C’est pourquoi, dans la vallée de la Dendre, les enfants déposent leur lettre dans une "boîte aux lettres du ciel", et ne l’envoient donc pas en Espagne. Bref, la tradition de la Saint-Martin se décline différemment d’une région à l’autre.

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Un grand feu pour la Saint-Martin à Bree

Une fête de la Saint-Martin sous pression

Ce sont justement ces différences locales qu’il faut préserver, selon Tony Vaessen. "Même si de nombreuses communes font vivre la fête de la Saint-Martin, celle-ci est sous pression", explique-t-il.

"Il existe encore des endroits comme Ypres, Alost ou Beveren où Saint-Martin est célébré avec ferveur. Mais dans de plus petites localités, il risque peut-être de disparaître d’ici quelques décennies."

"Dans beaucoup d’endroits, on organise encore une marche aux lanternes ou un feu, mais il faut des passionnés pour maintenir la tradition vivante. Et on n’en trouve plus partout", conclut Vaessen.

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