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Un soldat belge de la Première Guerre mondiale, dont les restes ont été découverts l’an dernier, inhumé à La Panne

Un soldat tombé pendant la Première Guerre mondiale a été solennellement inhumé aujourd’hui, la veille du jour de l’Armistice. Le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) était notamment présent. Les restes de ce soldat avaient été retrouvés l’an dernier sur les rives de l’Yser, à Dixmude. Comme les analyses anthropologiques et ADN n'ont pas permis d'établir l'identité du soldat, sa tombe portera la mention "Inconnu".

Eric Steffens
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La découverte de restes humains n’est pas inhabituelle dans la région du Westhoek : presque chaque mois, des corps de soldats de la Grande Guerre y sont mis au jour. Il s’agit le plus souvent de Britanniques, de Français ou d’Allemands, parfois même d’Australiens, de Canadiens ou de Néo-Zélandais. "Nous trouvons plus rarement des soldats belges", explique Steve Maertens, du War Heritage Institute, dans l’émission De Ochtend sur Radio 1. Les deux découvertes précédentes de soldats belges remontent à 2016 et 1952.

Les restes du soldat ont été retrouvés le 23 septembre 2024 sur les rives de l’Yser. Cette localisation rend la découverte d’autant plus remarquable. "Le front belge pendant la guerre s’étendait de Nieuport à Dixmude. Il y avait peu d’infrastructures le long de l’Yser ; une découverte fortuite y est donc plutôt exceptionnelle", précise Steve Maertens.

À la recherche de son identité

"Malheureusement on ne sait pas grand-chose sur l'identité de ce soldat. Les analyses médico-légales indiquent qu’il s’agissait probablement d’un homme âgé de 17 à 20 ans, mesurant entre 1,65 m et 1,76 m", explique Maertens.

Une chose est certaine : il est tombé après 1915. Un bouton retrouvé sur son uniforme le confirme : "Il s’agit d’un modèle d'uniforme introduit dans l’armée belge uniquement après cette date. Nous n’avons pas trouvé d’autres indices."

Pourtant, les chercheurs ont nourri un temps de grands espoirs. "Au départ, il figurait sur une liste de 500 disparus. Grâce à son uniforme – introduit après les combats les plus violents – nous avons pu réduire cette liste à 83 noms possibles", poursuit Steve Maertens.

"L’anneau retrouvé plus tard sur lui portait une gravure de cor de chasse, probablement en référence à son unité militaire. Deux unités pouvaient correspondre : les Carabiniers ou les Chasseurs à pied. En combinant ces éléments, nous avons réduit la liste à 21 noms. Parmi ceux-ci, nous avons recherché des hommes correspondant par âge et morphologie." 

Cela a permis de retenir quatre candidats possibles : Omer Boone, Auguste Lutaine, Robert Pertry et Hector Meulemeester. Mais pour en être sûr, il fallait un test ADN. "Nous n’avons retrouvé qu’un seul descendant direct, celui d’Hector Meulemeester, mais malheureusement, le test n’a pas donné de correspondance".

Une cérémonie d’adieu solennelle

"Ce soldat a donné sa vie pour notre pays. Lui offrir des adieux dignes est la dernière chose que nous pouvons encore faire pour lui", souligne Steve Maertens. Le War Heritage Institute, en collaboration avec les autorités locales et l’armée belge, a donc organisé une commémoration exceptionnelle.

La journée a débuté à 6 heures du matin par une marche aux flambeaux le long de l’Yser jusqu’ au Boyau de la Mort, un ensemble de tranchées conservées de la Première Guerre mondiale, suivie d’une cérémonie auprès du cercueil. Des musiques et des récits ont rendu hommage aux 250 autres soldats belges tombés dans ce lieu pendant la Première Guerre mondiale.  

Ensuite, le cercueil a été transporté dans une charrette authentique, tirée par quatre chevaux et escortée par la police militaire, en direction du cimetière militaire belge de La Panne. 

Ce lundi après-midi, se tiendra l’inhumation avec les honneurs militaires, ouverte au public et à plusieurs personnalités, dont le ministre de la Défense Theo Francken.

Selon les organisateurs, la cérémonie se voulait sereine et symbolique, avec défilé, musique et dépôt de gerbes de fleurs.  Et si elle a été organisée la veille de l’Armistice, ce n’est pas un hasard : "Cette date a été choisie symboliquement. Parce que nous ne devons jamais oublier combien d’hommes ont souffert pendant la guerre — surtout dans le contexte actuel."

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