Aller au contenu principal
Depuis le début de la construction du craqueur d'éthane au port anversois, quatre plaintes ont déjà été déposées en justice

Des organisations environnementales déposent une nouvelle plainte contre le craqueur d'éthane d'Ineos à Anvers

Quinze organisations environnementales ont déposé une nouvelle plainte contre Project One, le craqueur d'éthane de l’entreprise chimique britannique Ineos en construction dans le port d'Anvers (photo). Leurs conclusions reposent sur de nouveaux rapports faisant état de 410 décès prématurés potentiels dus à la pollution atmosphérique sur une période de 40 ans. Ces organisations - parmi lesquelles figurent notamment Greenpeace Belgique, WWF et le Bond Beter Leefmilieu - espèrent que le Conseil des litiges en matière de permis ordonnera la fermeture définitive de la centrale, dont la construction est presque achevée.

Anne François Belga
Publié:

"De nouveaux rapports inquiétants font état d'une dizaine de décès potentiels par an liés à l'usine", s'inquiètent les organisations. Les études suggèrent que l'impact mondial de l'usine sur le climat et ses conséquences sur la santé publique ont été gravement sous-estimés.

La première plainte contre le craqueur remonte à 2020, mais la situation est cette fois différente, estiment les auteurs de la plainte. "L'usine est presque terminée, nous pouvons donc désormais démontrer l'urgence de la situation", explique Dries Verhaeghe de l'asbl Dryade. "C'est ce qui différencie cette procédure des précédentes. Normalement, une procédure devant le Conseil du contentieux des permis dure un an, mais cette fois-ci il ne devrait falloir que trois ou quatre mois avant d'obtenir une décision."

Ineos a demandé plusieurs permis pour le craqueur d'éthane au fil des ans et différentes procédures d'appel ont alors été engagées. Certaines sont même toujours en cours. La ministre de l'Environnement Zuhal Demir avait accordé un permis conditionnel en janvier 2024, suivi d'un permis définitif fin juillet 2024.

En juin dernier, le gouvernement flamand accordait 2 millions d’euros de "soutien écologique stratégique" au craqueur d’éthane, dont le coût total est évalué à 4 milliards d’euros. Le craqueur d'éthane d'Ineos vise la neutralité carbone d'ici dix ans, ce qui devrait être possible grâce à l'infrastructure de l'hydrogène dans la zone industrielle d'Anvers.

Les provinces néerlandaises de Zélande et du Brabant-Septentrional ont notamment saisi la justice à plusieurs reprises, avant d'abandonner les poursuites.

Ineos se dit déçu

Ineos dit regretter que la sécurité juridique des investissements dans l'industrie européenne soit constamment remise en cause.

Malgré l'opposition, Sir Jim Ratcliffe, fondateur d'Ineos, reste convaincu du potentiel de ce modèle économique. "Nous avons besoin d'éthylène pour tout. Parmi les 42 unités de craquage en Europe, celle-ci sera la plus écologique et donc la plus intéressante", avait-il déclaré lors d'une visite du site l'été dernier. L'unité de craquage d'éthane devrait être opérationnelle mi-2027.

Tatiana Luján, avocate chez ClientEarth, souligne l'importance de cette affaire : "C'est la première fois qu'un tribunal se prononce sur les émissions de portée 3 liées à la production de plastique". La portée 3 englobe l'ensemble des émissions du cycle de vie de tous les produits qu'une entreprise achète, fabrique ou vend.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5