Dans la commune limbourgeoise de Pelt, une démonstration d’une nouvelle technique agricole était proposée ce mercredi, pour la première fois en Flandre. Elle consiste en l’épandage graduel de copeaux de bois sur un champ. Cette approche serait bénéfique pour l’agriculteur, pour la nature et pour la commune. "Tout le monde y gagne", souligne l’échevine Liesbeth Fransen.
Pelt est la première commune de Flandre à tester une nouvelle technique agricole avec des copeaux de bois
Cet essai s'inscrit dans le cadre du projet Bodemgoud (littéralement "l’or du sol"), une collaboration entre BoerenNatuur Vlaanderen (Agriculteurs et Nature de Flandre), le Centre expérimental et de formation pour l'agriculture (PVL) et le Paysage régional de la Campine, avec le soutien des communes de Pelt, Peer et Hamont-Achel.
Dans le cadre de cette expérience, les agriculteurs incorporent des copeaux de bois issus de la taille des arbres locaux à leurs champs afin d'enrichir le sol en matière organique. Ils espèrent ainsi améliorer la santé des sols, favoriser la rétention d'eau et atténuer les effets de la sécheresse.
Plus de vie dans le sol
La technologie présentée aujourd'hui à Pelt est inédite en Flandre. "L'incorporation de copeaux de bois dans le sol augmente sa teneur en carbone organique", explique Marijke Gijbels du Centre expérimental et de formation pour l'agriculture.
Et c'est essentiel pour les agriculteurs. "Cela stimule la vie du sol, favorise une meilleure rétention d'humidité et améliore l'infiltration des eaux de pluie. De plus, un sol sain est bénéfique non seulement pour les cultures, mais aussi pour le climat.".
Les copeaux de bois ne sont pas simplement épandus : des analyses numériques du sol déterminent les zones les plus carencées en nutriments. "Ils sont répartis à l’aide d’un épandeur à fumier équipé d’une balance intégrée. Le tracteur répand les copeaux progressivement : davantage là où le sol est pauvre, moins là où il est riche. Ainsi, chaque parcelle reçoit exactement ce dont elle a besoin", explique Jérôme Rops de BoerenNatuur Vlaanderen.
Une situation gagnant-gagnant
Les copeaux de bois proviennent des rangées d'arbustes et d'arbres qui bordent les champs et sont régulièrement taillées. Jusqu'à récemment, ces déchets de taille étaient principalement brûlés ou vendus comme biomasse. Désormais, ils connaissent une seconde vie en agriculture.
"Nous protégeons les haies et donnons une nouvelle utilité à leurs résidus", explique Liesbeth Fransen, adjointe à l'agriculture de Pelt. "Ainsi, nous renforçons simultanément l'agriculture et permettons à la commune de se débarrasser de ses déchets de bois. C'est une solution gagnant-gagnant."
Le projet-pilote se poursuivra jusqu'à l'été 2026, après quoi il sera évalué. Si les résultats sont positifs, les initiateurs espèrent que davantage d'agriculteurs flamands adopteront cette technique innovante.
