La ville de Gand accroît ses efforts financiers pour renforcer l’accueil hivernal des sans-abri et des personnes sans domicile. Cet argent ne servira pas seulement à financer des lits supplémentaires, mais aussi à assurer un accompagnement pour les usagers des structures d’accueil. Ces mesures font suite aux appels à l’aide lancés par les organisations du secteur associatif.
Gand va investir 830.000 euros pour renforcer l'accueil hivernal des personnes sans-abri et sans domicile
Récemment, la ministre fédérale de l’Intégration sociale Anneleen Van Bossuyt (N-VA) a annoncé qu’elle ne financera plus de centres d'hiver pour sans-abri dans les grandes villes. Pour Gand, cela représente une perte de 65 000 euros. Les associations d’aide aux sans-abri ont réagi avec déception et colère.
Selon l’échevine Astrid De Bruycker (Voor Gent), la ville n’a pas d’autre choix que d’assumer ses responsabilités : "Le sans-abrisme et le mal-logement sont les formes les plus extrêmes de la pauvreté. Il est très important que nous assumions notre responsabilité en tant que ville, surtout maintenant que les besoins ne cessent d’augmenter et que nous ne bénéficions plus du soutien fédéral."
Au-delà du lit, de la douche et du pain : un accompagnement humain
En plus de sa politique structurelle, la ville met en place un "plan hivernal renforcé", car la demande pour les abris de nuit ne cesse d’augmenter.
"Nous allons littéralement prévoir davantage de places d’accueil pour les sans-abri et les personnes sans domicile fixe déjà présentes à Gand", explique Astrid De Bruycker.
Mais la ville veut également miser sur l’accompagnement : "Il s’agit d’un accompagnement en matière de logement et de langue, pour les aider à se remettre sur les rails. Nous voulons leur redonner une perspective d’avenir."
"Les bénévoles ont la tête sous l’eau"
"Pour ce nouveau plan hivernal, Gand prévoit 830.000 euros supplémentaires, en plus des investissements structurels déjà réalisés pour prévenir et résoudre le sans-abrisme", précise l’échevine.
"Ce n’est pas facile dans une période budgétaire difficile, mais nous devons répondre à l’appel à l’aide du secteur associatif. Nous constatons que les bénévoles sont littéralement la tête sous l’eau."
L’échevine De Bruycker insiste toutefois sur le fait qu’une ville ne peut pas faire face seule à une telle situation et s’adresse au niveau fédéral : "Un tel défi n’est pas un problème propre à Gand, c’est une problématique urbaine à grande échelle. Il s’agit d’une responsabilité partagée qui exige une coopération à plusieurs niveaux. Nous, nous la prenons déjà, mais j’attends la même chose de la ministre Van Bossuyt."
Selon le dernier recensement, 2 500 personnes vivent sans domicile fixe à Gand. Les organisations du secteur estiment que ce chiffre a désormais grimpé à près de 3 000 personnes. L’hiver dernier, environ 500 personnes ont passé la nuit dans les abris de Gand, ce qui représente près de 10 000 nuitées.
