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Près de 500 détenus dorment sur un matelas au sol dans les prisons belges, un record absolu

Le nombre de détenus contraints de dormir sur un matelas posé au sol dans les prisons belges frôle la barre des 500. Du jamais vu, déclare la porte-parole de l'administration pénitentiaire qui a confirmé les chiffres communiqués lundi par les syndicats. La situation est qualifiée de "crise humanitaire". Malgré l'action de protestation commune menée dans toutes les prisons du pays le 2 octobre dernier, le nombre de détenus n’a cessé d'augmenter, passant de 13.173 à 13.400 prisonniers ce lundi dont 499 dormant sur un matelas par terre.

Anne François Belga
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La pression se fait surtout sentir sur les établissements pénitentiaires francophones qui ont enregistré une augmentation de 44 détenus en une semaine, tandis qu'en Flandre les prisons comptent 25 prisonniers de moins. A Bruxelles, les prisons ont accueilli 11 nouveaux détenus. Depuis lundi dernier, 30 détenus au total se sont donc rajoutés aux cellules déjà surpeuplées.

Dans le détail, en Wallonie, 183 détenus dorment à même le sol, répartis dans neuf prisons. Les chiffres les plus élevés ont été enregistrés à Marche (35, dont cinq femmes), Leuze (34), Nivelles (32), Tournai (27) et Namur (20). À Mons, 19 détenus dorment sur le sol, dont quatre femmes.

En Flandre, la situation n'est guère plus reluisante puisque 316 personnes dorment par terre, pour un total de dix établissements pénitentiaires. Les prisons les plus affectées sont celles d'Anvers (67), Gand (47), Termonde (41), Ypres (33), Audenarde (28) et Bruges (26). Mais il manque également des lits à Hasselt (26), Malines (19), Turnhout (16) et Louvain-Hulp (13).

Graphique: le nombre de détenus qui dorment sur le sol dans les prisons belges    

Une situation inhumaine

Les syndicats et les directions pénitentiaires alertent depuis longtemps déjà le gouvernement sur les conditions inhumaines et les risques encourus par le personnel en raison de la surpopulation carcérale. "Chaque jour, nous nous efforçons de maintenir le système pénitentiaire dans l'intérêt de la sécurité de notre société", déclarait la directrice de l'administration pénitentiaire Mathilde Steenbergen. "Mais ce n'est plus acceptable" pour les collaborateurs, "c'est pourquoi nous continuons à insister pour que des mesures d'urgence soient prises". Mais à terme une réforme structurelle doit être mené à bien.

D’après le syndicat socialiste ACOD, il faut changer quelque chose à l’entrée et la sortie de détenus. "Nous devons également réduire la détention provisoire et oser examiner les conditions de libération anticipée des personnes ayant fait de réels progrès", poursuivait Robby De Kaey.

Selon lui, la ministre de la Justice Annelies Verlinden n'a pas encore pris les mesures nécessaires pour résoudre le problème. La loi d'urgence relative à la surpopulation carcérale, entrée en vigueur en août, s'est avérée insuffisante. "Si des mesures efficaces avaient été prises, nous ne serions pas confrontés aujourd'hui à une augmentation constante du nombre de détenus." Mathilde Steenbergen partage cet avis. "L'urgence de la situation n'est pas suffisamment comprise par l'ensemble du gouvernement."

Si des améliorations ne sont pas apportées rapidement, la situation risque de devenir incontrôlable. "Ce week-end, l'affaire d'abus sexuels à la prison d'Anvers a éclaté. Une telle chose ne peut se produire si l'on n'est pas obligé de partager une cellule avec deux autres personnes", conclut De Kaey.

Les conséquences de la surpopulation carcérale ne se feront pas seulement sentir à l'intérieur des murs de la prison. C'est la société dans son ensemble qui risque d'en payer le prix, prévient Steenbergen. "Si l'on enferme des personnes dans de telles conditions, il est évident qu'elles n'en ressortiront pas meilleures."

La prison d'Anvers

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