Lors de la manifestation hebdomadaire de la Coalition anversoise pour la Palestine, des affrontements ont éclaté entre les manifestants et la police. Les forces de l’ordre ont eu recours au canon à eau et aux sprays au poivre afin de repousser les manifestants vers la Steenplein. Trois personnes ont été arrêtées administrativement. Groen, dans l'opposition à Anvers et l’organisation Pax Christi dénoncent un recours à la force excessif face à une manifestation pacifiste.
La police fait usage d’autopompes et de sprays au poivre pour disperser une manifestation pour la Palestine à Anvers : 3 arrestations
Comme les semaines précédentes, cette manifestation n'était pas autorisée sur la Suikerrui, à côté de l'hôtel de ville, ni sur la Grand-Place devant l'hôtel de ville d’Anvers. Les organisateurs avaient saisi en urgence le Conseil d'État afin de faire annuler l'interdiction et le déménagement obligatoire vers la Steenplein, située un peu plus loin. Le Conseil d'État a estimé qu'ils avaient raison sur le fond et que la Ville n'avait pas fourni suffisamment d'arguments pour justifier sa décision, mais aussi qu'il n'y avait pas d'urgence et que la procédure d'urgence n'était donc pas justifiée.
La bourgmestre Els van Doesburg (N-VA) avait donc uniquement autorisé la manifestation sur la Steenplein. La police était présente en nombre afin de s'assurer du respect de cette mesure.
Une grande partie des manifestants a toutefois refusé de s'éloigner de l'hôtel de ville. La police a finalement fait usage de canons à eau et de sprays au poivre pour repousser les personnes présentes vers le lieu autorisé.
"La ville ne respecte pas le droit de manifester"
"Des personnes à mobilité réduite ont été violemment repoussées à l'aide de matraques, des personnes âgées ont reçu du spray au poivre au visage et la foule a été aspergée par l'autopompe malgré le froid", a dénoncé dans la foulée la Coalition anversoise pour la Palestine.
"Nous sommes choqués et bouleversés, mais pas surpris. La Ville ne respecte pas le droit de manifester pacifiquement depuis des semaines. Le jour même où le Conseil d'État a jugé que la Ville n'avait aucun fondement juridique pour interdire les manifestations devant l'hôtel de ville, elle a choisi d'intervenir de cette manière lors de notre rassemblement pacifique."
Les organisateurs espèrent pouvoir manifester la semaine prochaine, "sans intimidation ni intervention de la police". "Nous attendons toujours une réponse de la Ville concernant la demande que nous avons déposée il y a plusieurs semaines. Nous restons ouverts au dialogue sur la manière dont nous pourrons organiser notre manifestation pacifique pour la Palestine devant l'hôtel de ville le (lundi) 10 novembre", ont-ils conclu.
Groen indigné par l’attitude de la police d'Anvers
"Ce sont des moyens d'une violence extrême. C’est totalement disproportionné", a déclaré le chef de groupe Groen Bogdan Vanden Berghe. "Ces manifestations ont lieu depuis plusieurs semaines et se déroulent toujours pacifiquement. Il s’agit en plus d’un petit nombre de personnes."
"Ce que je ne comprends pas, c’est que la ville ne parvienne pas à dialoguer avec ces personnes. L’interdiction de manifester sur la Grand-Place et la Suikerrui a été portée devant le Conseil d’État, qui estime que les manifestants ont en partie raison et entend leurs arguments. En revanche, le Conseil d'Etat considère que ceux de la ville pour justifier une interdiction sont trop vagues."
Le Conseil d’État n’a toutefois pas encore rendu de décision sur le fond du dossier. Il a simplement jugé que les manifestants n’avaient pas pu démontrer qu’il y avait urgence à statuer.
La Ville défend la position de la bourgmestre
La bourgmestre Els van Doesburg (N-VA) a réagi par la voix de son porte-parole : "L’organisation dispose d’une autorisation pour manifester sur la place Steenplein. Chaque fois qu’elle ne respecte pas les accords conclus, la police agit de manière appropriée. Le droit de manifester ne signifie pas qu’on peut faire ce qu’on veut, où on veut."
Le cabinet de la bourgmestre souligne que l’utilisation du canon à eau et du spray au poivre relève d’une décision de la police, et qu’un contact constant et progressif a eu lieu entre les agents et les manifestants tout au long de la manifestation.
Pax Christi dénonce la brutalité de l’intervention policière
Annemarie Gielen, de Pax Christi, participait hier une nouvelle fois à la manifestation, comme les semaines précédentes. La semaine dernière déjà, plusieurs personnes avaient été arrêtées.
"Ces dernières semaines, la police était de plus en plus nombreuse pour nous demander de quitter la Suikerrui et de nous rendre sur la place Steenplein. La semaine passée, il y avait déjà un canon à eau, mais il n’avait pas encore été utilisé", explique-t-elle.
Hier, la situation a été tout autre : "Cette fois, ils ont tout utilisé : le canon à eau et des sprays au poivre… Nous avons été violemment dispersés, comme des hooligans. Des gens ont été renversés, bousculés, poussés dans les escaliers… C’était vraiment insoutenable à voir."
La police locale d’Anvers affirme avoir d’abord déployé des équipes de médiation. Celles-ci ont tenté de convaincre les manifestants de se déplacer vers la place Steenplein.
"De l’endroit où je me trouvais, je ne pouvais pas voir cela. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de négociation", précise Annemarie Gielen.
"Tout ce que j’ai vu, c’est la police avancer en formation, de plus en plus près. Nous étions simplement repoussés sur le côté. C’était vraiment brutal. Il y avait des personnes âgées et des enfants, et on n’en a absolument pas tenu compte. Il était clair qu’ils voulaient nous faire partir le plus vite possible."

