Les émissions de gaz à effet de serre en Belgique diminuent, mais pas suffisamment pour atteindre la neutralité climatique en 2050. Selon une analyse du service "changements climatiques" du SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement publiée lundi, la Belgique doit accélérer sa transition à un rythme deux fois plus rapide qu’actuellement.
La Belgique doit redoubler d’efforts pour atteindre la neutralité carbone : transport et utilisation des sols restent ses points faibles
Le "baromètre de la transition", dont c'est la deuxième édition, s'appuie sur une centaine d'indicateurs et sur les chiffres les plus récents (2023) pour dresser un état des lieux le plus complet possible de la trajectoire de décarbonation de notre pays.
Sur ce long chemin parsemé d'embûches, la Belgique avait déjà réduit, en 2023, ses émissions de gaz à effet de serre de 31% par rapport à 1990. Ce rythme d'environ 1% par an est toutefois insuffisant et devra être plus ou moins doublé pour atteindre le zéro carbone en 2050.
Energie, bâtiments, industrie, transport et agriculture : aucun des grands secteurs émetteurs de gaz à effet de serre dans notre pays n'est dans les temps. Tous ou presque (sauf le transport) ont, certes, réduit leurs émissions depuis 1990 mais "aucun secteur ne s'inscrit sur une trajectoire cohérente avec les scénarios de neutralité climatique en Belgique", constate implacablement le baromètre de la transition.
Points faibles : transports et artificialisation des sols
Trois domaines d'activité sont particulièrement préoccupants. Le transport domestique, premièrement, dont les émissions sont en hausse de 18% depuis 1990. Le transfert modal de la voiture vers des modes de mobilité douce reste insuffisant et le nombre de voitures ne cesse d'augmenter en Belgique. Quant à l'électrification du parc automobile, elle concerne surtout les voitures de société et n'en est qu'à ses balbutiements pour les voitures des particuliers.
Le transport international, ensuite, voit aussi ses émissions continuer à augmenter, alors que des solutions matures font toujours défaut pour décarboner ce secteur. Enfin, le secteur de l'utilisation des sols est aussi source d'inquiétude en Belgique en raison de l'artificialisation des sols et de l'étalement urbain. En outre, les forêts jouent moins bien leur fonction de puits de carbone, à cause du réchauffement climatique.
Quelques signes positifs
Le baromètre relève toutefois quelques évolutions encourageantes ci et là : le déploiement de l'éolien se fait à un rythme correct, la baisse des émissions de gaz à effet de serre dans l'industrie chimique et de l'élevage suivent une tendance à la baisse intéressante, tout comme la consommation finale d'énergie dans les bâtiments et dans l'industrie.
