Ce week-end de la Toussaint et de commémoration des défunts vous déposerez peut-être des chrysanthèmes sur la tombe d'êtres chers. Dans ce cas, ils proviendront probablement de Gediflora à Oostnieuwkerke, près de Staden, en Flandre occidentale. Cette entreprise familiale est en effet un acteur majeur du secteur, non seulement en Belgique mais aussi au niveau international. "60% des chrysanthèmes vendus dans le monde proviennent de chez nous, mais ce n'est que dans notre région qu'ils sont utilisés comme fleurs de cimetière".
60 % des chrysanthèmes au monde proviennent d'une entreprise de Flandre occidentale: "Ce n'est que dans notre région qu'ils sont mis dans les cimetières"
À la veille de la Toussaint et du Jour des Morts, Gediflora à Oostnieuwkerke (Staden) préparait les derniers chargements de chrysanthèmes à envoyer aux détaillants. "C'est une période très chargée, surtout pour nos clients", expliquait Vincent Verbaeys, codirecteur de Gediflora, à Radio 2 (VRT).
Cette entreprise familiale de Flandre occidentale développe et cultive de nouvelles variétés, espèces et couleurs de chrysanthèmes. Ses produits sont ensuite vendus à des clients en Belgique et surtout à l'étranger.
De la Belgique à l'Azerbaïdjan
"Nous fournissons des chrysanthèmes à 42 pays différents, de la Belgique à l'Azerbaïdjan, en passant par les États-Unis", explique Vincent Verbaeys. "Les USA sont notre principal client. Ils représentent 35 % de notre chiffre d'affaires total, soit une part équivalente à celle de tous les pays européens réunis".
La production de Gediflora destinée aux États-Unis étant située en Floride, l'entreprise n'est pas affectée par les droits de douane imposés par le président Donald Trump à l'importation.
Aux Etats-Unis on ne trouve pas un seul chrysanthème dans les cimetières
Vincent Verbaeys, Gediflora
L’entreprise familiale réalise en Belgique environ 5 % du total de ses ventes. Une grande partie de ce chiffre est encore due à l'achat de chrysanthèmes comme "fleurs de cimetière". Cette pratique change cependant progressivement.
"La tradition des chrysanthèmes au cimetière n'existe en réalité qu'en Belgique, en France et dans certaines régions d'Italie et de Pologne, des pays traditionnellement catholiques. Cette tradition a commencé au début du 20e siècle parce que les chrysanthèmes ont une couleur éclatante, une longue durée de conservation et sont relativement bon marché", précise Verbaeys.
"Aux États-Unis, on ne voit pourtant pas un seul chrysanthème dans les cimetières. Ce n'est pas non plus une tradition aux Pays-Bas, ni en Allemagne. Là-bas, comme partout ailleurs dans le monde, on les utilise principalement comme plantes ornementales, par exemple pour décorer une terrasse".
"Nous observons progressivement la même tendance en Belgique, surtout chez les jeunes"', explique Vincent Verbaeys. "De moins en moins de gens achètent des chrysanthèmes pour les déposer sur les tombes. Mais cette diminution est compensée par l'engouement grandissant des jeunes pour les chrysanthèmes comme plantes ornementales".
"C’est une plante idéale pour les terrasses", soulignait également la CEO Elien Pieters lors d’un récent reportage de VRT NWS à Staden. "Elle reste belle et lumineuse pendant 6 à 8 semaines, et ne coûte pas grand-chose".
Une entreprise familiale depuis 73 ans
L'entreprise Gediflora a été fondée en 1952 par Georges Pieters, qui l'a transmise à son fils Dirk dans les années 1980. Il y a un peu plus de 10 ans, la troisième génération a pris les rênes avec Elien Pieters - la petite-fille de Georges - à la direction.
En 2020, celle-ci était d’ailleurs nommée "Femme entrepreneure de l'année". Elle recevait alors le prix WOMED, décerné par le Syndicat des travailleurs indépendants Unizo, l'association sans but lucratif Markant et l'Agence pour l'innovation et l'entrepreneuriat.
"Nous sommes une entreprise typique de Flandre occidentale, qui tente de croître grâce à sa passion et un travail acharné", souligne le codirecteur Vincent Verbaeys.
De nouvelles variétés et couleurs
Les chrysanthèmes étant de plus en plus prisés comme plantes ornementales, les horticulteurs de Gediflora développent sans cesse de nouvelles variétés et des couleurs innovantes, dans un champ d’expérimentation. Les plantes y sont observées pendant plus de 5 ans avant d’être mises sur le marché.
"Nous observons d’abord la forme de la plante, sa vigueur et sa souplesse. Et quand elle fleurit, la couleur et le type de fleur ont évidemment une grande importance", indiquait l’horticulteur spécialisé Wim Declercq. Chaque année, 40.000 nouvelles variétés de chrysanthèmes sont développées dans le champ à Staden, mais la plupart d’entre elles n’atteindront jamais le stade de la vente.
"Il n’y a que 1% environ des nouvelles variétés qui sont finalement sélectionnées pour être vendues l’année suivante", précisait Elien Pieters. "C’est une grande course à l’élimination ! Nous plantons un drapeau rouge à côté des plantes qui ont été sélectionnées pour la vente".
Nous sommes le plus grand producteur de chrysanthèmes au monde. Nous en sommes très fiers
Vincent Verbaeys, Gediflora
En 2025, l'entreprise a franchi une étape importante. "Nous sommes la première entreprise de chrysanthèmes au monde à avoir vendu 100 millions de plantes cette année. Jusqu'à 60 % des chrysanthèmes vendus dans le monde proviennent de chez nous. Cela fait de nous le premier producteur mondial de chrysanthèmes, et nous en sommes très fiers".
"A l’étranger, les Belges ne sont plus seulement connus pour notre chocolat, notre bière ou nos pigeons voyageurs, mais aussi pour nos chrysanthèmes", se réjouit Vincent Verbaeys. "Nos "Belgian Mums" (en anglais "mum" est un diminutif pour "chrysanthemum") sont devenus une référence dans le monde entier".

