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David Leisterh, chef de file régional du MR

David Leisterh démissionne comme formateur bruxellois, quitte la politique nationale et régionale et se retire dans sa commune

Nouveau rebondissement dans la tentative de formation d’un gouvernement bruxellois : le président du MR bruxellois David Leisterh (photo) a annoncé mardi soir sur les réseaux sociaux sa démission des pourparlers régionaux et son retrait de la vie politique nationale et régionale. Il se concentrera dorénavant sur son maïorat à Watermael-Boitsfort. "Notre système politique, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, n’apporte plus de réponse à la situation d’urgence à Bruxelles", estime Leisterh, épuisé aussi par 500 jours de tentatives de négociations depuis les élections de juin 2024. Le président du MR Georges-Louis Bouchez dit ne pas avoir été "averti une dernière fois" de la décision de David Leisterh.

Anne François Belga
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C’est depuis son bureau de bourgmestre à Watermael-Boitsfort que le libéral David Leisterh postait mardi soir sur Facebook le message vidéo  annonçant sa démission. "Je me retire du jeu, je quitte la vie politique active, nationale et régionale. Parce que continuer dans les conditions actuelles, ce serait trahir la sincérité, le courage, la responsabilité", annonce-t-il aussi sur son compte Instagram, plus de 500 jours après la victoire de son parti aux élections régionales.

David Leisterh (41 ans) avait déjà dû jeter l'éponge une première fois en février dernier dans sa mission de formateur d'un gouvernement bruxellois. La tentative de ces dernières semaines de constituer un budget bruxellois avec six partenaires (MR, PS, Les Engagés, Groen, Open VLD et Vooruit), visant à économiser un milliard d'euros d'ici 2029, était bloquée mardi dans des attentes mutuelles du MR et du PS, les partis arrivés aux deux premières places en juin 2024.

"Ces derniers jours, j'ai encore essayé vainement d'obtenir un accord budgétaire pour sauver notre Région du gouffre. Je croyais qu'il fallait envoyer un signal de confiance à l'Europe et à tous ceux qui veulent encore investir à Bruxelles, aux Bruxellois qui attendent un sursaut, mais ce cap n'a pas été partagé par tous", expliquait le libéral dans son message vidéo. "Plus de 500 jours de néant, c'est dingue. J'en prends ma part de responsabilité, évidemment, mais je crois aussi que notre système politique ne permet plus de répondre à l'urgence bruxelloise", ajoutait-il.

Ce lundi, le PS pressait David Leisterh de revenir à la table des négociations. "Mais à quoi bon, quand certains interlocuteurs ont construit un mur du non directement sur la table ?" Le libéral considère que "la gauche" cherche en réalité à revenir aux affaires aux prochaines élections sans les libéraux "pour continuer comme avant".

La famille et Watermael-Boitsfort

Sur le plan local, David Leisterh poursuivra son mandat de bourgmestre de Watermael-Boitsfort, où il pense pouvoir avoir davantage d’impact et d’utilité, "et puis peut-être lancer ma petite aventure entrepreneuriale". Il formule l'espoir qu'en partant, il puisse aider à "réveiller quelques consciences" et affirme que "gouverner, ce n'est pas s'accrocher, c'est agir".

Le libéral bruxellois explique également sa décision par des raisons de santé : 500 jours de négociations infructueuses l’ont épuisé. "Je vais désormais me concentrer sur ma femme et ma fille de six mois, que j’ai à peine vues ces derniers mois, ainsi que sur mon mandat de bourgmestre de Watermael-Boitsfort", concluait Leisterh.

Réactions politiques

Les réactions politiques à sa démission affluent. D'une part, celles de son président de parti et "meilleur ami", Georges-Louis Bouchez. Il qualifie sa démission de "jour très triste pour la politique". "Jamais l'expression selon laquelle, quand tous les dégoûtés sont partis, il ne reste que les dégoûtants' n'a été aussi juste", déclarait-il.

Le président du PS bruxellois, Ahmed Laaouej, respecte la décision de Leisterh. Il salue les "bonnes relations" qu'il a entretenues avec le formateur de MR ces derniers mois.

La cheffe de file des Engagés à Bruxelles, Gladys Kazadi, a dit regretter cette décision de David Leisterh, "sans la juger", et a salué "son engagement et le travail réalisé au cours de ces dernières semaines." Elle assure que son parti est prêt à reprendre les discussions "dès cette semaine, dans un esprit constructif et responsable, pour aboutir rapidement à un accord".

Et Bruxelles ? "Je suis convaincu qu'il y a encore de l'espoir, mais je ne le vois pas pour le moment. J'espère que ma démission pourra déclencher quelque chose, afin que les gens prennent conscience de la nécessité de prendre ces mesures difficiles. J'espère que cela permettra bientôt la formation d'un gouvernement. Mais pour moi, c'est terminé", concluait David Leisterh.

REGARDER
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, espère voir la formation du gouvernement bruxellois reprendre rapidement (interview VRT NWS en français).
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Pour ce qui est du gouvernement fédéral, "il ne tombera pas" sur les négociations budgétaires en cours.

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