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Cette nuit nous repasserons à l'heure d'hiver, qui correspond mieux à notre horloge biologique

Vivre au rythme de l'heure d’hiver est bon pour notre santé et notre bien-être, car elle s'harmonise au mieux avec notre horloge biologique. C'est ce qu’expliquait au micro de l’émission "Touché" sur Radio 1 (VRT) l’experte du sommeil Inge Declercq, alors que nous passerons de l’heure d’été à l’heure d’hiver dans la nuit de samedi 25 à dimanche 26 octobre. "Il fera alors nuit plus tôt le soir, mais nous aurons de la lumière au bon moment."

Radio 1 Anne François
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Deux fois par an (fin mars et fin octobre), nous nous reposons la même question : faudra-t-il avancer ou reculer les aiguilles de nos réveils cette nuit ? Pour le passage à l’heure d’hiver ce dimanche 26 octobre à l’aube nous pourrons reculer nos horloges d’une heure : à 3h du matin il ne sera que 2h. Et nous pourrons ainsi dormir 60 minutes de plus. L’heure d’hiver - officiellement l’heure normale - est la plus proche de l'heure solaire naturelle. L'heure d'été, que nous réintroduirons au printemps, est un décalage artificiel d'une heure.

Ce changement d'heure saisonnier a été introduit par l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale. Il a été rétabli dans les années 1970, en Belgique notamment, à la suite de la crise pétrolière. L'idée était simple : en changeant d'heure, on pouvait bénéficier de journées plus longues le soir et réduire ainsi l’éclairage, et par conséquent la consommation d’énergie, à commencer par le gaz et l'électricité. Mais cette mesure fait depuis des années l’objet d’un débat.

D’après Inge Declercq (photo), neurologue et experte du sommeil à l’hôpital universitaire d’Anvers, ce "changement permettant de gagner de la clarté" nous éloigne de notre rythme naturel. "Nous vivons aujourd’hui environ deux heures trop tôt", expliquait-elle sur Radio 1. "Notre cerveau est exposé à la mauvaise lumière au mauvais moment. Or, la lumière est le facteur le plus important qui contrôle notre horloge biologique."

Cette horloge régule, sur un cycle de 24 heures, divers processus physiologiques comme le sommeil, notamment.

Inge Declercq, neurologue et experte du sommeil, active notamment à l'hôpital universitaire d'Anvers

Bénéfique lumière du matin

À l'heure normale, le soleil se lève entre 8 h et 9 h en décembre et janvier. Pendant l’heure d’été, il ne se lève que vers 9 h, voire 9 h 30. Et c'est problématique, explique Inge Declercq. "Notre cerveau a besoin de beaucoup de lumière le matin pour comprendre qu'il est temps de se réveiller. Si cette lumière arrive trop tard, notre rythme est perturbé. Nous nous sentons fatigués, somnolents et parfois même déprimés."

Ce lien avec la lumière a également été prouvé scientifiquement. En Russie, on a tenté il y a quelques années de vivre toute l’année à l’heure d’été, mais l'expérience a été interrompue face à la forte augmentation du taux de dépression au sein de la population. "Le coup de blues hivernal dont souffrent tant de personnes est souvent lié au manque de lumière matinale", explique Inge Declercq. "Le retour à l'heure normale permet de corriger ce problème”.

Beaucoup de gens pensent que l'heure d'hiver apporte moins de lumière du jour, mais c'est faux.

Inge Declercq, neurologue et spécialiste du sommeil

"Les journées sont de toute façon plus courtes en hiver, mais tout dépend du moment où nous recevons de la lumière. Il fait nuit plus vite le soir, certes, mais c'est typique de notre région. En contrepartie, nous recevons la bonne lumière au bon moment, le matin. Et c'est exactement ce dont notre corps a besoin", explique la spécialiste du sommeil.

Abolir le changement d’heure ?

Depuis des années on débat pour ces raisons de santé sur l’abolition du changement saisonnier d’heure. En 2018, la Commission européenne a proposé de supprimer le changement d’heure et d’utiliser la même heure toute l’année. Les résultats des sondages menés auprès des citoyens européens étaient positifs. Pourtant, le projet semble être au point mort. Les Etats membres ne parviennent pas à s’entendre sur laquelle des deux heures il faudrait garder au niveau de l’Union - celle d’hiver ou celle d’été ?

La somnologue Inge Declerq participe elle-même au groupe de réflexion pour contribuer à la prise de décision. "Le dossier est enfin fondé sur des données scientifiques et est présenté aux autorités compétentes", estime-t-elle. "C'est un pas en avant, mais nous en sommes encore loin."

Elle souligne que son plaidoyer en faveur de l'heure standard (d’hiver) est axé sur la santé et le bien-être. "Il s'agit de notre horloge interne, du fonctionnement de notre corps. Et c'est extrêmement important pour bien dormir, bien fonctionner et se sentir bien."

Une heure en cadeau

Pour ceux qui appréhendent le changement saisonnier de cette nuit, Inge Declercq a un message rassurant : "Profitez de cette heure de sommeil supplémentaire."

"La plupart des gens ont naturellement une horloge biologique légèrement supérieure à 24 heures. Une journée plus longue convient donc mieux à notre corps. C’est pourquoi nous trouvons plus facile de voyager vers l’ouest que vers l’est de la planète : notre horloge biologique apprécie un peu de temps supplémentaire."

Plutôt que de soupirer à l’idée de l’heure d’hiver, nous pouvons la considérer comme un coup de chance. "Nous dormons un peu plus longtemps, notre cerveau reçoit la lumière adéquate et notre horloge biologique peut reprendre son souffle", conclut Inge Declercq.

Ecoutez l'interview d'Inge Declercq réalisée par Friedl' Lesage pour son émission "Touché" sur Radio 1, dimanche 19 octobre 2025. (Durée: 120 minutes, en néerlandais)

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