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Bart De Wever menace de bloquer la mobilisation des avoirs russes si la Belgique n'obtient pas des garanties

"La Belgique entreprendra des actions pour contrer le projet de prêt de restauration pour l'Ukraine, adossé aux actifs russes immobilisés à Bruxelles, si les trois conditions qu'elle réclame pour se prémunir des risques ne sont pas remplies", a prévenu le Premier ministre Bart De Wever (N-VA), jeudi en arrivant au sommet européen de Bruxelles. Sans ces trois conditions, "je ferai tout ce que je peux, au niveau politique et juridique, aux plans européen et national, pour empêcher cette décision", a indiqué Bart De Wever, alors que les Vingt-sept sont appelés à donner ce jeudi un feu vert de principe à la Commission pour déposer une proposition juridique.

Eric Steffens Belga
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La Belgique réclame un partage des risques avec les autres États membres, des garanties si un remboursement devait s'avérer nécessaire dans un scénario du pire, et que les États membres ayant aussi des actifs souverains russes immobilisés sur leur territoire soient également concernés par le mécanisme.

La Belgique est disposée à mener la discussion, mais elle attend toujours de connaître la base juridique que la Commission envisage pour justifier le mécanisme envisagé. "On n'a même pas fait cela lors de la Seconde Guerre mondiale, ce n'est donc pas un détail", a grincé Bart De Wever.

Le royaume est particulièrement concerné par le projet de prêt de restauration à 140 milliards d'euros, car il héberge le siège du dépositaire central de titres Euroclear, où sont immobilisés de 170 à 180 milliards d'euros d'actifs de la Banque centrale de Russie.

"Risque de représailles de la part de la Russie"

Bart De Wever a insisté sur le risque de représailles de la Russie, qui pourrait confisquer les entreprises belges sur son territoire, ou saisir l'argent des banques occidentales. Il a rappelé les représailles du régime russe à l'encontre de Google.

Le Premier ministre a rappelé que l'intention initiale était que la Russie, dans le cadre d'un accord de paix, paie pour la reconstruction de l'Ukraine. "Mais si nous faisons fi du droit international, nous risquons d'aider Poutine, car il pourra alors procéder à des confiscations pour un montant équivalent. Il récupérera ainsi son argent et nous nous retrouverons avec rien d'autre que des problèmes".

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s'est quant à elle voulue rassurante. "Tout le monde s'accorde à dire qu'aucun pays ne doit supporter seul le risque ou la charge, il faut donc s'assurer que la Belgique reçoive les sécurités dont elle a besoin", pour avancer sur l'élaboration du mécanisme, a déclaré la Haute représentante.

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué les sanctions contre Moscou décidées par Washington, un "message fort", a-t-il dit à son arrivée au sommet des Vingt-sept, qui ont eux aussi décidé de nouvelles sanctions.

La Commission européenne a proposé un montage financier qui lui permettrait de continuer à financer Kiev en s'appuyant sur les avoirs de la banque centrale russe gelés depuis l'invasion de l'Ukraine, sans les confisquer.

Les dirigeants de l'UE doivent discuter de ce "prêt de réparation" en faveur de Kiev lors du sommet à Bruxelles ce jeudi, et les responsables de la Commission espèrent qu'ils donneront le feu vert à l'élaboration d'une proposition juridique plus détaillée.

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