Le géant allemand de la chimie BASF va supprimer environ 600 emplois dans son usine d'Anvers d'ici 2028. Cela représente près d'un emploi sur cinq sur ce site. L’entreprise affirme que "les licenciements secs pour raisons économiques ne sont pas à l’ordre du jour". Les organisations patronales qualifient ces licenciements de "nouvel uppercut pour l’industrie".
BASF supprimera quelque 600 emplois à Anvers d'ici 2028, mais sans licenciements secs
BASF Anvers avait déjà fait part de son intention de réduire ses coûts fixes de 100 millions d'euros d'ici 2028 (par rapport à 2024). Ce montant est désormais porté à 150 millions d'euros. "Le contexte économique ainsi que l'absence d'effet tangible des mesures de soutien à l'industrie obligent l'entreprise à intervenir à nouveau", explique-t-elle.
"Le secteur chimique est en difficulté depuis un certain temps. Nous sommes dans une nouvelle réalité, et la situation s'est aggravée au lieu de s'améliorer au cours des six derniers mois", a précisé Lotte Dierckx, porte-parole de BASF Anvers. Elle a souligné la "grande incertitude" causée, notamment, par l'impact géopolitique des droits de douane. "En outre, nous ne constatons pas encore les effets des mesures annoncées par les différents niveaux de gouvernement" pour soutenir le secteur.
Étant donné que les coûts fixes sont principalement constitués de frais de personnel, ces économies supplémentaires entraîneront inévitablement des pertes d'emplois, ajoute BASF. Environ 600 postes seront supprimés d'ici la fin 2028. L'équipe de direction sera également réduite, avec la suppression d'un tiers des fonctions de cadres supérieurs.
Pas de départs contraints
La réduction d'emplois prévue par BASF Anvers ne peut pas uniquement reposer sur les départs naturels, mais des accords ont été conclus avec les syndicats concernant la sécurité de l'emploi, de sorte que "les licenciements contraints pour raisons économiques ne sont pas envisageables". L'accent sera mis sur les "transitions d'emploi à emploi": les employés dont le poste est supprimé seront accompagnés autant que possible pour trouver un autre emploi chez BASF Anvers. Pour ceux qui ne le peuvent pas, un programme de départs volontaires sera mis en place, détaillait Lotte Dierckx.
"En cette période difficile, nous devons nous concentrer au maximum sur les facteurs que nous maîtrisons - nos coûts fixes - et gagner en agilité et en souplesse", précisait de son côté Jan Remeysen, CEO de BASF Anvers, dans un communiqué de presse. "Nous sommes convaincus qu'une fois ce programme mis en œuvre, BASF Anvers sera bien positionnée pour rester un leader en matière d'innovation et de développement durable, ainsi qu'un acteur majeur en matière d'emploi."
Il appelle aussi les décideurs politiques à prendre rapidement "des mesures concrètes pour assurer l'avenir de notre industrie et notre prospérité". Le groupe prévoit de supprimer une centaine de postes par départ naturel d'ici la fin de cette année déjà.
BASF Anvers est le deuxième plus grand centre de production du groupe allemand dans le monde. Il emploie plus de 3.000 personnes.
