La consommation de somnifères et d’autres substances reste élevée chez les jeunes flamands et augmente encore chez les jeunes filles. C’est ce qui ressort de la dernière enquête menée auprès des jeunes de 12 à 18 ans par le Centre flamand d’expertise sur l’alcool et les autres drogues (VAD). Selon les chercheurs, le problème ne vient pas tant des jeunes eux-mêmes que de la société : "Nous vivons dans une culture où l’on cherche une solution rapide à chaque malaise — de préférence sous forme de pilule", expliquent les chercheurs.
Record de consommation de calmants et de somnifères chez les jeunes filles flamandes
De plus en plus de jeunes flamands âgés de 12 à 18 ans utilisent des médicaments pour dormir ou se calmer, prescrits par un médecin. C’est ce qui ressort des dernières données du VAD, le Vlaams Expertisecentrum Alcohol en andere Drugs (Centre flamand d’expertise sur l’alcool et les autres drogues).
La hausse observée ces dernières années se poursuit : 17 % des jeunes interrogés disent avoir déjà pris de tels médicaments au moins une fois, et 9 % en ont consommé au cours de l’année écoulée. "C’est inquiétant. Ce ne sont pas des produits anodins", estime Katleen Peleman, directrice du VAD.
Un record de jeunes filles consomment des somnifères et des calmants
A noter qu’un nombre record de filles utilise désormais ces médicaments, 21 % contre 12 % chez les garçons, chiffre resté stable ces dernières années. Cette évolution n’est pas anodine, avertit le VAD : une consommation fréquente peut entraîner une habituation.
"Il faut alors des doses plus élevées pour obtenir l’effet souhaité. En augmentant la dose, on devient somnolent et on perd sa concentration. Et si l’on essaie de réduire, les problèmes réapparaissent encore plus fortement", explique Katleen Peleman, directrice du VAD.
Selon elle, le problème ne se limite pas aux jeunes : "Nous voulons une solution rapide à des difficultés qui font partie de la vie. Nous voulons que tout se règle par une pilule. En Belgique, nous faisons partie des plus gros consommateurs."
Sensibiliser les parents et les médecins
"Il faut continuer à sensibiliser les médecins, mais aussi les parents", poursuit Katleen Peleman. "L’usage ne commence pas chez le jeune, mais dans son environnement. Les médicaments sont déjà présents dans l’armoire à pharmacie et sont donnés avec de bonnes intentions lorsque le jeune traverse une période difficile ou stressante."
Moins d’alcool et moins de cannabis
Alors que l’usage des somnifères augmente, celui de l’alcool et du cannabis diminue. En dix ans, le nombre de jeunes consommant du cannabis a été divisé par deux. Pour la première fois, moins de 10 % des jeunes boivent régulièrement de l’alcool. De plus, ils commencent plus tard : 14 ans en moyenne il y a dix ans, contre presque 15 ans aujourd’hui.
Malgré ces chiffres encourageants, le binge drinking (un mode de consommation excessif de boissons alcoolisées sur une courte période) reste un problème persistant : un quart des élèves en a pratiqué au moins une fois au cours de l’année écoulée. Cela correspond à au moins 4 verres en 2 heures pour les filles, 6 pour les garçons. Parmi les 17-18 ans, 1 sur 10 le fait chaque semaine.
"Il est essentiel de continuer à investir dans la prévention et à s’assurer que les jeunes présentant des comportements à risque bénéficient rapidement de l’accompagnement adéquat", conclut Katleen Peleman.
