Le nouveau plan linguistique présenté par la ministre flamande de l’Enseignement et de l’Emploi, Zuhal Demir (N-VA), et la ministre de l’Intégration, Hilde Crevits (CD&V), vise à améliorer le niveau de néerlandais chez les adultes non néerlandophones. Baptisé « Nederlands werkt ! », le plan comprend huit mesures concrètes, parmi lesquelles des cours abordables et accessibles, une augmentation du niveau linguistique requis, et une attention particulière aux parents d’enfants scolarisés.
Le gouvernement flamand met en place un nouveau plan linguistique avec des exigences plus strictes pour les adultes non néerlandophones
Selon Zuhal Demir, le néerlandais est essentiel pour l’intégration des nouveaux arrivants. Le plan prévoit par exemple la possibilité de combiner un cours de soins infirmiers et un cours de néerlandais, tout en maintenant un prix d’inscription de 1,50 € par heure de cours.
"Nous voulons absolument créer un lien avec le travail, car ce groupe est sous-représenté sur le marché de l’emploi. Et la langue, on l’apprend avant tout sur le lieu de travail", a expliqué Zuhal Demir, ce mardi dans l'émission De ochtend sur Radio 1.
Des exigences renforcées pour les parents
Le plan cible aussi les parents d’enfants scolarisés. Pour continuer à bénéficier de la prime scolaire, il faudra désormais démontrer un niveau suffisant de néerlandais ou montrer sa volonté de l’apprendre. Les parents qui s’engagent activement dans ce processus auront la priorité pour s’inscrire aux cours pour adultes.
"Les primo-arrivants doivent apprendre le néerlandais pour eux-mêmes, mais aussi pour l’avenir de leurs enfants", souligne Zuhal Demir.
"Apprendre une langue ne s’arrête pas à 16 heures. Les parents doivent également prendre leurs responsabilités et travailler avec leurs enfants."
La ministre insiste : ce ne sont pas les enfants qui pâtiront de la suppression éventuelle de la prime scolaire. "C’est précisément dans l’intérêt de l’enfant que les parents apprennent le néerlandais", explique-t-elle.
La prime scolaire sert davantage de moyen de pression
"Malgré les efforts des dernières années, nous constatons encore que certains parents ne parlent pas le néerlandais et ne souhaitent pas l’apprendre. Ils devront donc présenter un certificat attestant de leur niveau ou de leur apprentissage du néerlandais."
La ministre laisse entendre que la perte de la prime ne serait pas le seul conséquence : "Il pourrait y avoir une alternative équivalente", précise-t-elle, sans plus de détails pour le moment.
Renforcement du niveau linguistique
Le niveau minimal requis passera de A2 à B1 à partir du 1er septembre 2027. En résumé, A2 permet de tenir une conversation simple, tandis que B1 permet d'exprimer son opinion et de participer pleinement à la vie professionnelle.
"Avec un niveau A2, on peut survivre, mais pas vraiment participer à la société", souligne Zuhal Demir. "Nous mettons l’accent sur la compréhension orale et l’expression orale, plutôt que sur l’écriture. Beaucoup de nouveaux arrivants ne savent parfois ni lire ni écrire même dans leur langue maternelle."
Le néerlandais au-delà de la salle de classe
Pour réduire les obstacles, les cours pour parents pourront être organisés dans ou à proximité de l’école de leurs enfants, renforçant ainsi le lien avec l’établissement.
Les ministres souhaitent également plus d’opportunités pour pratiquer le néerlandais en dehors des cours, via des binômes linguistiques ou des promenades linguistiques organisées par les communes.
Pour soutenir ces initiatives, une meilleure coopération entre les autorités locales et les organisations sera encouragée. Les enseignants de l’éducation des adultes bénéficieront de formations supplémentaires, et la qualité des tests de langue sera renforcée.
Enfin, en juillet dernier, le gouvernement flamand avait déjà présenté un plan visant à améliorer l’enseignement du néerlandais à l’école.
