Les Ultimas, les prix culturels décernés chaque année par la Communauté flamande depuis 2003, vont disparaître. À partir de 2026, leur budget sera entièrement supprimé, a décidé la ministre flamande de la Culture, Caroline Gennez (Vooruit), dans le cadre des économies imposées au secteur culturel. C’est ainsi la fin d’une tradition de plus de vingt ans pour les prix culturels les plus importants de Flandre récompensant des artistes et organisations pour leur contribution exceptionnelle.
La ministre Caroline Gennez supprime le budget des Ultimas, les prix culturels flamands
Ces distinctions récompensaient des artistes et organisations dans treize disciplines, allant de la littérature et du cinéma à l’architecture. Chaque lauréat recevait une œuvre symbolique et une dotation de 10.000 euros. L’annonce de leur suppression est apparue sur le site officiel des Ultimas, avant d’être relevée par De Standaard, qui a sollicité la ministre pour une réaction.
"Dans un contexte où nous demandons à chacun de faire des efforts, des cérémonies coûteuses et des remises de prix ne constituent plus une priorité pour le gouvernement. D’autant qu’il existe déjà d’autres prix culturels organisés par le secteur lui-même — comme les Boon, les Ensors ou les MIA’s — qui ont une portée et un impact bien plus grands", explique Caroline Gennez.
Selon De Standaard, la suppression des Ultimas permettra d’économiser 614.000 euros. La ministre rappelle que les économies prévues dans la culture s’élèvent à 23 millions d’euros sur un budget global de près d’un demi-milliard, et qu’elle a tenté de ménager autant que possible les artistes et les acteurs de terrain.
"Un sentiment mitigé"
Les derniers Ultimas ont été décernés en avril dernier. La prix pour l’ensemble de la carrière (Ultima voor Algemene Verdienste) avait été attribué à Marijke Pinoy, actrice, metteuse en scène, autrice et enseignante. Le jury l’avait décrite comme l’une des figures les plus inspirantes du paysage culturel flamand, "une femme qui bâtit des ponts et donne à l’art une profondeur supplémentaire".
Interrogée sur Radio 1 (De Ochtend), Marijke Pinoy dit ressentir un "sentiment mitigé" face à la suppression des prix. "D’un côté, je comprends que nous traversons une période difficile et que des choix doivent être faits, mais d’autre part c’est dommage que ceux qui travaillent dans l’ombre perdent un espace où leur talent pouvait enfin être reconnu", confie-t-elle.
