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Anuna De Wever obtient la suspension du prononcé pour des graffitis sur le site d’une filiale d’une société d'armement israélienne

L'activiste Anuna De Wever a obtenu, mardi, la suspension du prononcé pour des graffitis apposés sur le site de la société OIP Land System à Tournai, filiale de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems. Elle a également été acquittée du chef d'association de malfaiteurs par le tribunal correctionnel de Tournai.

Eric Steffens Belga
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Les faits s'étaient déroulés le 3 décembre 2023 et visaient le site tournaisien de la société OIP Land System. Sur l'un des containers d'OIP, le slogan "Stop Genocide" avait été peint en rouge.

D'abord connue en tant que militante écologiste et notamment comme représentante de Youth for Climate, Anuna De Wever a ensuite bifurqué vers d'autres combats et appelle à la fin de l'offensive israélienne à Gaza.

À l'audience du 23 septembre, elle avait reconnu la réalisation d'un seul tag. La scène avait été filmée et volontairement diffusée sur les réseaux sociaux pour alerter l'opinion publique. Cet acte de désobéissance civile avait été commis avec cinq autres personnes non citées à comparaître.

La défense d'Anuna De Wever se demandait pourquoi sa cliente devait comparaître devant le tribunal correctionnel alors qu'une simple amende administrative aurait pu lui être infligée. À l'issue du verdict, Anuna De Wever a dit "se sentir bien" et être "satisfaite".

La défense satisfaite

Son avocate Selma Benkhelifa a également réagi. "Nous aurions préféré un acquittement sur toute la ligne mais nous sommes satisfaites. Le tribunal a évoqué un sentiment d'insécurité dû à l'incursion dans l'entreprise et humainement, je ne suis pas d'accord avec ça car Anuna n'a mis personne en insécurité. La désobéissance civile est selon moi une manière légitime de s'opposer à un génocide."

L'actionnaire d'OIP, par l'intermédiaire de son avocat, avait expliqué que sa société reconditionnait des pièces de matériel ou de véhicules militaires, et que ces dernières années, elle avait reconditionné des voitures à destination de l'Ukraine. Tout comme la partie civile, le ministère public avait estimé que des dégradations n'étaient pas nécessaires, que des banderoles étaient déjà présentes à l'entrée du site et que l'expression du désaccord d'Anuna De Wever et de son équipe aurait pu s'effectuer de manière pacifique.

Le ministère public avait souligné que cet acte n'avait de toute façon pas stoppé la guerre à Gaza et que l'association de malfaiteurs était bien manifeste. "C'est un groupement. Leur intention était précise. Des pots de peinture ont été amenés sur place pour commettre un délit. On peut dire également qu'au vu de la manifestation devant le tribunal, on sait s'organiser", avait ainsi déclaré le ministère public, qui ne s'était toutefois pas opposé à l'octroi d'une suspension du prononcé.

La même société avait fait l'objet d'une action spectaculaire en juin

Hélicoptère et renforts policiers avec maîtres-chiens avaient été déployés et des soutiens à Anuna De Wever s'étaient aussi rendus devant le palais de justice tournaisien lors de l'audience du 23 septembre.

Ce mardi, un drone a survolé le palais et des sympathisants étaient à nouveau présents.

En juin 2025, cette même société OIP avait encore fait l'objet d'une autre opération spectaculaire menée à Tournai par une centaine d'activistes issus du collectif Stop Arming Israël Belgium et vêtus d'une tenue blanche.  

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