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Les victimes de violences sexuelles dans l'Eglise recevront un soutien de 3.000 euros pour des soins psychothérapeutiques

Les victimes reconnues de violences sexuelles dans l'Église recevront un soutien de 3.000 euros pour des soins psychothérapeutiques, qui s’ajoute à l’aide financière qui leur a déjà été accordée. C’est ce qu’a annoncé samedi la Fondation Dignity lors de la "Journée de rencontre avec les victimes d'abus sexuels dans l'Église catholique". Cette fondation est chargée de soutenir les victimes. Ces dernières réagissent de façon "modérément positive" à l’annonce. Le budget total de ce soutien supplémentaire, financé par les diocèses et les congrégations religieuses, pourrait atteindre plus de 2,5 millions d'euros.

Anne François Belga
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L'initiative vise à rendre les soins psychothérapeutiques plus accessibles aux victimes, dans l'attente d'un cadre légal définitif. Selon la Fondation Dignity, elle concerne au total 1.591 victimes. "Cette demande est venue directement des victimes. C'est pourquoi elle était une priorité et un thème central de la journée de rencontre d'aujourd'hui", a détaillé Jessika Soors, coordinatrice nationale de la fondation.

L'archevêque de Malines-Bruxelles, Luc Terlinden (photo), a souligné que l'Église poursuivait sa prise de responsabilité. "L'Église reconnaît l'urgence et la profonde souffrance des victimes d'abus sexuels en son sein. Ce soutien est un nouveau signal tangible dans un processus plus large de réparation et de prise de responsabilité", a déclaré le primat de Belgique.

L'archevêque Luc Terlinden (archives)

Le soutien aux victimes de violences sexuelles dans l'Église n'est pas nouveau. Les victimes reconnues reçoivent, lors de la conclusion d'une convention de transaction, une compensation financière comprise entre 2.500 et 25.000 euros, selon des montants fixés en 2012 par le Parlement fédéral.

La Fondation Dignity et l'Église catholique appellent par ailleurs le Parlement et le gouvernement fédéral à élaborer un cadre législatif global garantissant aux victimes un accès à la reconnaissance et au soutien. "Ce plan doit reposer sur des critères objectifs, sur la jurisprudence en vigueur, sur des procédures transparentes et justes, ainsi que sur des principes sociétaux largement reconnus, afin de garantir un traitement correct et équitable pour toutes les victimes", a poursuivi Jessika Soors.

Au cours de l'année dernière, 59 nouveaux signalements de violences sexuelles au sein de l'Église ont été enregistrés. Des commémorations sont prévues dans les prochaines semaines à Bruxelles, Liège et Anvers. La Fondation Dignity a été créée par la Conférence des évêques et les religieux, afin d'agir en tant que personne morale au nom de l'Église et de reconnaître les victimes de violences sexuelles au sein de l'institution.

Un pansement ?

Maître Walter Van Steenbrugge, qui représente plusieurs victimes d’abus sexuels dans l’Eglise, n'est pas convaincu par la proposition de la Fondation Digniy. "Il est typique et inacceptable que cela se fasse une fois de plus de manière aussi unilatérale, en position de domination." Il juge le montant de l'indemnisation bien trop insuffisant.

"Pour nous, il est essentiel que les victimes reçoivent une indemnisation complète. Nous entendons par là la restauration de leur vie privée. Elles ont été affectées dans leur vie intime, et de nombreuses carrières professionnelles ont également été détruites. Qu'une indemnisation leur soit versée pour cela, en plus d'un accompagnement psychothérapeutique. C'est ce que nous demandons."

Maître Van Steenbrugge est frappé par le silence de la Fondation Digniy sur ce dernier point. "Je vois cela comme un pansement, une sorte d'offensive de charme." Selon lui, les clients qu'il représente doivent désormais, avant tout, faire confiance à la Commission d'enquête parlementaire chargée de cette affaire.

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Walter Van Steenbrugge: "C'est une sorte d'offensive de charme"

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