Le gouvernement flamand veut augmenter sa capacité d’accueil pour les jeunes en difficulté. D’ici la fin de la législature, il ambitionne de pouvoir héberger au moins 2 000 enfants et adolescents vulnérables supplémentaires. La ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez (Vooruit), consacre à cette mesure un budget additionnel de 60 millions d’euros. C’est l’une des décisions les plus marquantes de son très attendu plan de réforme du secteur de l’aide à la jeunesse. Elle investit également dans la prévention, avec 18 millions d’euros pour rendre les Maisons de l’Enfant plus accessibles et 3 millions pour étendre le réseau des maisons "OverKop".
La ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez, débloque des fonds supplémentaires pour l’accueil des jeunes en difficulté
Les maisons OverKop sont des lieux d’accueil ouverts et sécurisants destinés aux jeunes. Ils peuvent s’y retrouver, échanger et demander de l’aide pour toutes sortes de difficultés, grandes ou petites. Les accompagnateurs des maisons OverKop les écoutent et cherchent avec eux des solutions adaptées. Le bien-être mental des jeunes est au cœur de leur mission, avec un message central : "C’est normal de ne pas toujours aller bien".
Aujourd’hui, de nombreux jeunes en difficulté – notamment en raison d’une situation familiale préoccupante – se retrouvent encore trop souvent dans une cellule au commissariat de police ou à l’hôpital, faute de place dans le secteur de l’aide à la jeunesse. Ce problème s’explique en partie par le manque de visibilité sur le nombre de places disponibles dans les structures d’accueil. Les places d’urgence sont d’ailleurs fréquemment occupées par des jeunes déjà inscrits sur liste d’attente, ce qui détourne ces places de leur objectif initial.
Pour remédier à cette situation, la ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez, veut centraliser la gestion des places disponibles dans l’aide à la jeunesse. Elle prévoit également de créer des capacités supplémentaires.
"Grâce aux places actuellement inoccupées que nous allons rendre disponibles, et à l’augmentation de capacité que nous mettons en place, nous voulons pouvoir aider au moins 2 000 enfants et jeunes de plus d’ici la fin de la législature", explique la ministre.
Un budget supplémentaire de 60 millions d'euros
Elle débloque pour cela un budget supplémentaire de 60 millions d’euros. Caroline Gennez souhaite aussi mieux accompagner les jeunes qui quittent les structures d’accueil pour retourner dans la société.
"Nous investissons 15 millions d’euros dans l’accompagnement au logement et à l’emploi des jeunes adultes qui sortent du système à leurs 18 ans", précise-t-elle.
Concrètement, des travailleurs sociaux les aideront à chercher un logement, un emploi ou encore des études correspondant à leurs aspirations.
Davantage d’attention à la prévention
La Flandre investit également 18 millions d’euros supplémentaires pour que chaque famille ait accès à une Huis van het Kind pleinement fonctionnelle.
"L’objectif est que chaque parent dispose d’une Huis van het Kind à proximité, avec une offre de services étendue et une ouverture plus large que quelques heures par semaine", explique la ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez.
Ces structures permettent aux familles d’obtenir conseils et soutien sur des questions liées à l’éducation et au développement des enfants.
Un budget de 3 millions d’euros est aussi prévu pour renforcer le réseau des maisons OverKop, des lieux où les jeunes peuvent venir parler de leurs questions et de leurs difficultés dans un cadre accessible et bienveillant.
Une Huis van het Kind (Maison de l'Enfant en français) est un lieu d’accueil où les parents, futurs parents et familles peuvent trouver information, conseils et soutien pour tout ce qui concerne l’éducation et le bien-être des enfants et des jeunes. On peut y obtenir des renseignements sur la grossesse, la naissance, les soins aux bébés et aux tout-petits, ou encore sur l’éducation et le développement des enfants.
Les Maisons de l’Enfant proposent aussi des activités ludiques et éducatives, où les parents peuvent jouer avec leur enfant et échanger avec d’autres familles.
L’objectif est d’offrir à chaque famille un lieu de proximité, accessible et bienveillant, pour trouver de l’aide, poser des questions ou simplement partager un moment avec d’autres parents.
Protection du fœtus et intervention précoce
Nouvel élément du plan : le gouvernement flamand veut permettre la protection de l’enfant à naître au moyen d’une mesure appelée mise sous tutelle préventive. Celle-ci donnerait aux juges et aux travailleurs sociaux les moyens d’intervenir plus tôt lorsque les futurs parents refusent un accompagnement volontaire.
Il s’agit d’une mesure obligatoire que le juge de la jeunesse pourrait imposer : un intervenant social suivrait alors de près la famille pour protéger le fœtus et prévenir tout dommage.
"Lorsque l’aide est refusée, notamment en cas d’addiction ou de violences domestiques, nous mettrons en place une assistance obligatoire", précise Caroline Gennez.
Un plan attendu depuis longtemps
Les annonces de la ministre Gennez pour une réforme de l’aide à la jeunesse étaient très attendues. Elle espérait initialement présenter son plan avant l’été, mais son élaboration a pris quelques mois de plus.
Caroline Gennez souhaitait au départ investir 120 millions d’euros supplémentaires par an dans le secteur. Le plan présenté aujourd’hui représente 96 millions d’euros, mais selon son cabinet, l’enveloppe complète de 120 millions est bien prévue — les montants doivent simplement être finalisés.
Concernant le personnel, le plan ne prévoit pas encore de nouvelles embauches. "Nous voulons d’abord veiller à ce que les professionnels actuels puissent consacrer moins de temps au travail administratif et aux lourdeurs réglementaires", souligne la ministre.
"Ensuite, il faut améliorer les conditions de travail. Nous allons investir dans un plan social et faire en sorte que ces métiers soient plus viables."
