Le CPAS de Bruges a dépensé l’année dernière environ 100 000 euros en abonnements de streaming pour Netflix et Spotify pour des personnes en difficulté financière. C’est ce qui ressort des chiffres demandés par le conseiller communal d’opposition Jasper Pillen (Open VLD). En effet, les allocataires sociaux peuvent chaque année bénéficier du budget de loisirs du CPAS.
Le CPAS de Bruges a dépensé 100.000 euros pour des abonnements à Netflix et Spotify pour ses allocataires
À l’origine, ce budget était destiné aux formes classiques de loisirs, comme l’abonnement à des clubs sportifs ou à des mouvements de jeunesse. La ville rembourse alors une partie de l’inscription pour ceux qui rencontrent des difficultés financières. Mais depuis la crise du Covid, durant laquelle tout le monde était confiné, le budget a également été utilisé pour des abonnements à des services de streaming tels que Netflix, Disney+ ou Spotify.
Et cela se fait désormais de manière importante: sur les 193 783 euros d’allocations que la ville a octroyés l’année dernière, un peu plus de la moitié a été consacrée aux "coûts d’accès et de participation aux moyens numériques", selon la réponse de la ville à une question écrite du conseiller communal Jasper Pillen (Open VLD).
"Pas d'aide financière pour rester dans son fauteuil devant Netflix"
Au sein du groupe libéral de Bruges, cette "prime Netflix" suscite l’indignation. "C’est incompréhensible", déclare le conseiller communal d’opposition Jasper Pillen. "Je suis convaincu que nous devons soutenir ces personnes pour qu’elles participent activement à la vie sociale. Qu’elles puissent bénéficier des moyens de la collectivité pour s’épanouir, je n’y vois aucun problème. Mais on ne le fait pas en offrant gratuitement des abonnements à Netflix ou Spotify et en faisant payer la population de Bruges."
"Alors que dans d’autres villes et communes, le débat porte sur la manière d’activer les personnes percevant le revenu d’intégration pour trouver du travail, Bruges les encourage à rester dans leur fauteuil et à regarder Netflix."
Jasper Pillen souhaite donc que cette allocation soit supprimée ou révisée : "Bruges doit de toute façon prendre une décision, car pour cette allocation, elle a fait appel à des moyens prévus par le gouvernement fédéral. Mais ce dernier a, à juste titre, décidé de couper les fonds. La question est maintenant : notre ville va-t-elle compléter le budget pour continuer à financer des abonnements à Netflix et autres services de streaming ? J’espère bien que non."
Une réflexion encore en cours
L’échevin des affaires sociales, Pablo Annys (Vooruit), ne peut pas encore affirmer que la prime sera bien supprimée : "Il est vrai que les fonds fédéraux pour cette allocation disparaissent. Et si ces fonds sont réaffectés, nous devrons suivre. Nous sommes actuellement en train de réfléchir à cette réorganisation."
Pablo Annys rappelle cependant que la "prime Netflix" n’a pas été créée sans raison : "La décision de permettre l’utilisation de l’allocation pour les services de streaming a été prise en 2020, en pleine crise du Covid. À ce moment-là, les loisirs devaient se passer presque entièrement à domicile, et les services de streaming constituaient pour beaucoup l’une des rares façons d’accéder à la culture."
