En 2023, la surface artificialisée des sols en Flandre est passée de 15,3 à 15,7 %. Cela représente une augmentation d’au moins 10 hectares par jour, selon de nouvelles données du Département flamand de l’Environnement. Après plusieurs années où l’artificialisation semblait se stabiliser, elle est donc de nouveau en hausse.
L’artificialisation des sols reprend en Flandre : 10 hectares de nature disparaissent chaque jour
L’an dernier, il semblait que l’artificialisation en Flandre avait enfin été freinée. Les dernières données montraient que, en 2020, 2021 et 2022, presque aucune surface supplémentaire du territoire flamand n’avait disparu sous le béton, le gazon synthétique, les pavés ou l’asphalte. Le taux d’artificialisation était resté stable à 15,3 %.
Mais les nouvelles données indiquent qu’en 2023, l’artificialisation a de nouveau augmenté, passant de 15,3 % à 15,7 % de la surface de la Flandre. Cela correspond à 5 250 hectares de plus qu’en 2022. Au total, 213 680 hectares de la Flandre sont désormais artificialisés, soit 315 m² par habitant.
Ci-dessous : Superficie totale des sols artificialisés en Flandre
Cette hausse marque un retour à la tendance d’avant 2020.
Il est probable que la stabilisation observée entre 2020 et 2022 s’explique davantage par la baisse de l’activité économique liée à la crise du Covid-19 que par de réelles mesures politiques. Pourtant, le gouvernement flamand s’est fixé pour objectif de ne plus artificialiser de nouvelles surfaces d’ici 2040. C’est la cible de ce que l’on appelle le "Bouwshift", ou transition vers une urbanisation plus durable.
La Flandre est déjà l’une des régions les plus artificialisées d’Europe. Cela complique la lutte contre le changement climatique : les villes se réchauffent davantage, les sols imperméabilisés absorbent la chaleur, et l’eau s’infiltre moins facilement, entraînant des risques accrus de pénurie d’eau et d’inondations.
La biodiversité, déjà sous pression, en souffre également.
Routes, allées, terrasses et parkings
"Une partie de cette hausse s’explique toutefois par une analyse plus précise des données", indique Ann Heylens, porte-parole du Département de l’Environnement. Mais on construit aussi tout simplement davantage de surfaces dures.
"En 2023, au moins 10 hectares par jour ont été artificialisés", précise Ann Heylens. Il ne s’agit pas toujours de nouveaux bâtiments, mais surtout de nouvelles routes, allées, terrasses et parkings, mais qui pèsent lourd dans les chiffres.
Le taux d’artificialisation est le plus élevé dans les communes de la périphérie bruxelloise et anversoise, ainsi que dans les villes d’Anvers (43,3 %) et de Gand (38,7 %).
D’autres communes, comme Kuurne, Ostende, Roulers et Waregem, dépassent également les 35 %. Même dans certaines communes semi-rurales, comme au nord de Hasselt, le taux reste relativement élevé.
Pour Groen : "La Flandre devient un désert de béton"
"Chaque jour, plus de dix terrains de football disparaissent sous le béton", déplore la députée flamande Mieke Schauvliege (Groen).
"Les citoyens font des efforts pour désimperméabiliser leur jardin, mais le gouvernement flamand laisse carte blanche aux promoteurs bétonneurs. La Flandre se transforme en désert de béton."
Le parti Groen demande au ministre flamand de l’Environnement Jo Brouns (CD&V) de présenter un plan d’action ambitieux : "Nous avons besoin de mesures concrètes : un fonds pour le retour à des sols perméables, l’inscription de la neutralité en matière d’artificialisation dans la politique d’aménagement du territoire, et l’obligation de permis pour toute emprise sur les terres agricoles et naturelles. Les communes doivent aussi être soutenues pour une reconversion des routes inutiles", poursuit Mieke Schauvliege.
