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Journée d’action nationale : la tête de la manifestation a atteint la gare du Midi

Les manifestants ont commencé à défiler dans les rues de Bruxelles vers 10h45 mardi. Après les discours des représentants des trois syndicats et de la société civile, le cortège s'est mis en branle sur le boulevard du Jardin botanique, au son des klaxons et des explosions de pétards, avant de se diriger vers le boulevard Pachéco. Près de 120.000 personnes sont attendues, selon les syndicats, pour une "manifestation nationale" contre diverses mesures décidées par le gouvernement fédéral "Arizona".

Eric Steffens Belga
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Les revendications portées par les trois grands syndicats (CSC, FGTB et CGSLB) sont principalement socio-économiques: emplois de qualité et pensions justes.

Alors que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d'annoncer des économies tous azimuts, des enseignants de tout le pays sont aussi attendus en nombre dans les rues de la capitale.

Des trains bondés ont acheminé les manifestants des quatre coins du pays

La SNCB a répondu présent en ce mardi d'action syndicale nationale. Si les trains des grandes lignes affichaient quelques minutes de retard, c'était surtout pour permettre à la foule amassée sur le quai de se faire une petite place dans un train déjà bondé. A Ottignies, l'une des plus grandes gares wallonnes mais qui arrive en fin de parcours pour les convois issus de Liège et de Namur, certains manifestants ont dû faire une croix sur le train IC et se rabattre sur un omnibus pour rejoindre la capitale.

Le front commun syndical et de nombreuses associations de la société civile ont appelé tout le pays à manifester. Un rassemblement est prévu près de la gare du Nord à 10h00 avant que le cortège ne se mette en marche vers la gare du Midi.

Le timing coïncide avec les négociations gouvernementales sur le budget. Les militants craignent que l'équipe de Bart De Wever ne multiplie encore les économies sans se soucier de la réalité de terrain et ce, dans tous les secteurs. Certains manifestants insistaient d'ailleurs sur la dimension globale des revendications. "C'est une marche arrière à tous les niveaux", explique Didier, qui a fait le déplacement depuis Tihange. "J'ai des enfants et la jeunesse, c'est l'avenir économique du pays. Quand on voit les coupes dans l'enseignement, c'est scandaleux", pointe ce militant FGTB, actif dans l'énergie.

Occupant une précieuse place assise à ses côtés, Valérie-Anne, veste verte, vient de Marche-en Famenne et souligne l'importance des services publics. "On pousse pour cela. En province de Luxembourg, je travaille sur un zoning très mal desservi." Elle estime que les responsables politiques sont en train de tout détricoter.

Un propos rejoint par cet enseignant du Brabant wallon qui évoque un "démaillage de la société". "Il y a une perte de considération du métier dans un contexte délétère, déjà pénible sur le terrain."

A l'approche de la gare du Nord, un militant CSC saisit son mégaphone et rappelle aux distraits éventuels qu'il faut se préparer à descendre. Et le flux de manifestants de s'extraire lentement du train..

Le hall des départs de Brussels Airport désert

Le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-National, habituellement animé, était vide mardi matin. Tous les vols au départ et au moins la moitié des vols à destination du Brussels Airport programmés ce mardi sont en effet annulés en raison de la journée d'action nationale. La grande majorité des personnes présentes à l'aéroport mardi matin étaient des employés de l'aéroport ou d'entreprises environnantes. Çà et là, quelques voyageurs bloqués attendaient encore.

Parmi ceux-ci, un ressortissant indien de 31 ans qui devait se rendre à Munich pour son travail. "Je n'ai découvert l'annulation de mon vol qu'à mon arrivée à l'aéroport. J'avais réservé le vol via une autre agence. C'est peut-être pour cela que je n'étais pas au courant de la grève", dit-il. Son vol a été reporté à mercredi. Au total, ce sont 48.000 personnes qui ont vu leur vol annulé ce mardi: 33.000 personnes devaient s'envoler de Zaventem et 15.000 personnes devaient y atterrir. Au niveau des arrivées, les vols de 17.000 personnes pourront se poser sur le tarmac de Brussels Airport.

Ce sont principalement les bagagistes et le personnel de sécurité de l'aéroport qui participent à la journée d'actions du front commun syndical. "Sans contrôle de sécurité, nous ne pouvons pas laisser partir les passagers : c'est pourquoi l'impact est si important aujourd'hui", déclare Ihsane Chioua Lekhli, porte-parole de Brussels Airport. "Nous regrettons profondément cet impact, car les manifestations ne sont pas dirigées contre le secteur aérien, mais contre les mesures du gouvernement fédéral".

C'est la sixième fois cette année que l'aéroport est touché par une action syndicale. "Plus de 250.000 personnes ont déjà été touchées au total", selon la porte-parole.

Perturbations modérées chez bpost

La journée d'action nationale organisée par les syndicats avait un impact modéré sur l'activité postale. En Flandre, 86% des facteurs avaient commencé le travail, pour 91% à Bruxelles et 59% en Wallonie, selon un porte-parole de bpost. L'activité dans les centres de tri était chamboulée.

"Nous remarquons un impact. Comme toujours, il est un peu plus faible en Flandre qu'en Wallonie", commente le porte-parole. "En raison de la manifestation nationale le 14 octobre, la livraison de votre colis et/ou lettre peut prendre plus de temps que prévu", avait averti bpost sur son site internet.

Les précédentes actions similaires avaient engendré un impact encore moins important. Fin juin, 97% des facteurs avaient travaillé au nord du pays, contre 84% à Bruxelles et trois quarts en Wallonie.

Les prisons manquent de personnel et font appel à la police

Le service minimum ne peut être garanti dans la plupart des prisons belges en raison de la journée d'action syndicale, indique l'administration pénitentiaire mardi. "Le service minimum ne peut être garanti, ce que nous déplorons et considérons comme absolument indispensable au fonctionnement des prisons", précise le communiqué de l'administration pénitentiaire, qui a fait appel à la police pour pallier le manque de personnel.

"Afin de garantir la sécurité et les besoins de base, nous avons fait appel à l'aide de la police. Dans certaines prisons, nous collaborons également avec la Croix-Rouge afin d'assurer la distribution des repas aux détenus", selon l'administration pénitentiaire.

La circulation sur l'Escaut à l'arrêt

La grève menée mardi par le personnel du centre du trafic fluvial à Zandvliet (nord d'Anvers) aura un impact sur 120 navires environ, estime l'administration flamande de la navigation intérieure. La circulation sur l'Escaut était complètement bloquée. "Dans le courant de la journée, 120 navires devraient être bloqués", indique Philippe Govers, président de la coupole "Binnenvaart Vlaanderen". "C'est un chiffre comparable à celui relevé lorsque l'Escaut avait été bloquée après que des éléments du tunnel de la connexion Oosterweel s'étaient affaissées."

Seuls quelques mouvements de navigation à l'intérieur du port anversois étaient observés mardi matin. Sortir ou entrer dans le port était impossible. La centrale de Zandvliet intervient pour guider les navires. Si la centrale ne dispose pas de suffisamment d'effectifs, la navigation est à l'arrêt pour des raisons de sécurité.

Le trafic maritime était largement perturbé également, une centaine de navires patientant en mer du Nord, selon l'Agence maritime. Une cinquantaine d'autres attendaient de pouvoir quitter les ports de Gand, Zeebrugge ou Anvers. Le blocage s'expliquait en raison de la journée d'action nationale des syndicats et la grève menée depuis une dizaine de jours par les pilotes de navires.  

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