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Bruxelles perd une ligne de crédit de 500 millions d'euros auprès de la banque Belfius : "Un risque majeur à long terme"

Le ministre bruxellois sortant des Finances et du Budget, Sven Gatz, annonce que la Banque Belfius mettra fin l'année prochaine à sa ligne de crédit de 500 millions d'euros en faveur de la Région Capitale. Bruxelles aura ainsi plus de mal à absorber les déficits financiers à court terme. Sven Gatz se réjouit toutefois du maintien au niveau A de la notation de crédit décernée lundi à la Région bruxelloise par l'agence américaine Standard & Poor's.

Anne François Belga
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Le ministre Gatz a indiqué avoir reçu la semaine dernière une lettre de la banque Belfius annonçant que celle-ci mettra fin à la ligne de crédit de 500 millions d'euros au bénéfice de la Région bruxelloise à compter du 1er janvier 2026. Ces crédits sont destinés, par exemple, à couvrir des besoins temporaires de liquidités. Selon Sven Gatz, ces lignes de crédit ont rarement été utilisées par le gouvernement bruxellois dans le passé mais "à terme, cela représente un risque important, car les déficits temporaires dus à un déséquilibre entre les recettes et les dépenses seront de plus en plus difficiles à combler", a prévenu le ministre.

Bruxelles traverse une période financière difficile, mais la décision de Belfius reste floue. En février dernier, la banque avait déjà réduit sa ligne de crédit de 500 à 200 millions d'euros. Cette décision a été annulée un peu plus d'un mois plus tard. À l'époque, Sven Gatz (photo) avait qualifié cette décision de signal clair adressé au processus de formation du gouvernement bruxellois, déjà en difficulté.

Le ministre bruxellois Sven Gatz

La Région bruxelloise dispose encore d'une ligne de crédit de 500 millions d'euros auprès de la banque ING. "La question cruciale est de savoir ce qu'elle va faire", déclare le professeur en Finances publiques Herman Matthijs. "Si ING reste, Bruxelles pourra continuer à la financer. Sinon, la situation deviendra difficile." Il n'est pas rare que les banques refusent (partiellement) de financer des villes ou des régions. Matthijs fait référence à Liège, Mons et Charleroi, qui ont essuyé un refus d'ING et de Belfius l'année dernière.

Un trou de 1,55 milliard d’euros

En raison de son endettement colossal, la Région bruxelloise est contrainte de payer des intérêts importants. Le mois dernier, on a appris que le déficit budgétaire atteindrait 1,55 milliard d'euros en 2025, sur un total de dépenses de près de 8 milliards d'euros.

De plus, les journaux De Tijd et The Brussels Times ont révélé la semaine dernière que le gouvernement bruxellois présentait depuis des années un budget excessivement optimiste.

Standard & Poor's maintient sa notation

Le voyant d'alerte reste allumé : c'est en ces termes que le ministre bruxellois des Finances en affaires courantes a réagi lundi soir à l'annonce du maintien au niveau A avec perspective négative de la notation de crédit décernée lundi à la Région bruxelloise par l'agence américaine Standard & Poor's.

Plus tôt cette année, la notation de la Région de Bruxelles-Capitale avait été abaissée de A+ à A, sur une échelle allant de AAA à D. Le ministre bruxellois des Finances et du Budget se montre "modérément positif". À ses yeux, les marchés financiers ont encore confiance dans la capacité de la Région bruxelloise à honorer ses engagements, mais la situation budgétaire reste préoccupante. "Nous devons agir maintenant pour éviter le pire", a-t-il commenté, soulignant qu'il est "urgent de réduire la dette de la Région afin de diminuer les charges d'intérêt à terme".

D'après le ministre des Finances et du Budget, la perspective négative reflète notamment la pression persistante sur le budget due à l'augmentation des dépenses. "Une perspective crédible nécessite un nouveau gouvernement à part entière, avec des réformes structurelles et une trajectoire réaliste vers l'équilibre budgétaire", a-t-il encore soutenu.

Sven Gatz estime que dans le cadre des discussions actuelles sur la formation du gouvernement, l'ambition des six partis négociateurs de réaliser un milliard d'euros d'économies, dont au moins 800 millions d'euros d'économies récurrentes, doit être "strictement respectée" pour permettre au prochain gouvernement de renforcer la situation financière de la Région. "En attendant, nous continuerons à appliquer le principe de 'prudence budgétaire' en affaires courantes", a conclu le ministre.

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