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La ministre flamande pour Bruxelles, Cieltje Van Achter (à g.), a lancé jeudi le projet pilote de bilinguisme en milieu hospitalier

Projet pilote à la Clinique Saint-Jean de Bruxelles : le personnel soignant bilingue recevra une prime

La ministre flamande en charge de Bruxelles et des Médias, Cieltje Van Achter, et la Clinique Saint-Jean ont lancé un projet pilote qui devrait permettre d’améliorer le bilinguisme du personnel soignant et renforcer la pratique du néerlandais dans la capitale. L’initiative est une première : "Pour la première fois, nous cartographions la situation linguistique réelle dans un hôpital grâce à une évaluation", indique la ministre. 

Anne François
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De nombreux hôpitaux de la Région bruxelloise peinent à recruter du personnel bilingue. Ce problème persiste depuis longtemps. Sur papier, la quasi-totalité de ces hôpitaux devraient pouvoir assister les patients en français comme en néerlandais. Mais dans la pratique, ce n'est pas toujours possible.

Tous les membres du personnel de la Clinique Saint-Jean peuvent, sur une base volontaire, faire tester leur maîtrise de l'autre langue nationale. Cette évaluation de base devrait fournir une image objective et fiable de la situation linguistique actuelle dans l'hôpital, un élément qui faisait défaut jusqu'à présent. Sur base de ces données, l'hôpital pourra mettre en œuvre des politiques ciblées pour renforcer le bilinguisme.

Un millier de membres du personnel seront testés

"C’est la Maison du Néerlandais à Bruxelles qui se chargera d’effectuer les tests, puisqu’elle est experte en la matière. Le niveau de connaissance nécessaire est bien sûr différent pour une personne effectuant des tâches logistiques que pour une infirmière. Nous accordons un subside pour la mesure de référence. Environ mille membres du personnel seront testés. L'hôpital organisera ensuite des formations sur la base de ces données".

"Après deux ans, une nouvelle évaluation suivra. L'hôpital lui-même versera des primes à ceux qui satisfont aux normes", expliquait la ministre Van Achter. "C'est enfin un pas dans la bonne direction. L’hôpital universitaire de Bruxelles à Jette est un pionnier depuis longtemps dans le domaine du bilinguisme, mais il s'agit d'un hôpital privé. Espérons que d'autres hôpitaux suivront ce projet pilote. Il est inadmissible que dans la capitale bilingue on ne puisse pas accéder à des soins hospitaliers en néerlandais", estime Cieltje Van Achter.

Caroline travaille à la Clinique Saint-Jean depuis 20 ans. "Je suis parfaitement bilingue, j'ai été élevée comme ça, mais certains collègues ne parlent pas bien le néerlandais. Et c'est difficile. On peut avoir les connaissances médicales nécessaires, mais si on ne peut pas bien les communiquer, c'est vraiment dommage. Je trouve que la subvention et le projet pilote sont vraiment appréciables."

Alexander Dechuymere, directeur général de la Clinique Saint-Jean, précisait à Radio 2: "Nous sommes un hôpital bicommunautaire, qui accueille également une clientèle internationale. Nous souhaitons donc toujours pouvoir parler aux patients en français, en néerlandais et en anglais. Nous avons déjà de bonnes compétences linguistiques. Mais nous participons au projet pilote parce que nous souhaitons travailler avec des critères objectifs. Cela nous permettra de proposer des formations ciblées."

Les partenaires du projet innovateur

Jusqu’à 800 euros de prime

"N'oublions pas que le patient doit toujours être au centre de nos préoccupations. Après deux ans d'évaluations et de formations, les membres du personnel d'un certain niveau pourront recevoir une prime comprise entre 200 et 800 €", explique Alexander Deschuymere.

"Nous collaborons avec la Clinique Saint-Jean depuis plus de 10 ans, mais nous nous concentrons désormais sur la réalisation d'une évaluation de base", précise Vera Pulzanovski de la Maison du Néerlandais (Huis van het Nederlands). "L'année prochaine, nous ferons faire un test à 500 personnes : il s'agit d'un test de compréhension à l’audition et d'expression orale en milieu hospitalier. Nous organiserons plusieurs séances d'entraînement en milieu professionnel. Après deux ans, nous procéderons à une nouvelle évaluation".

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