Un élève de l’enseignement secondaire sur quatre en Flandre a consommé de la nicotine au cours de l’année scolaire écoulée. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle menée auprès des écoliers par le Centre flamand d’expertise sur l’Alcool et autres Drogues (VAD). La nicotine est la substance addictive présente dans les cigarettes et la plupart des cigarettes électroniques. De moins en moins d'étudiants fument du tabac, mais ils vapotent davantage, ce qui ne réduit pas leur consommation de nicotine.
Un quart des écoliers flamands consomment de la nicotine, mais les cigarettes électroniques prennent clairement le pas sur le tabac
Les jeunes ne décrochent pas de la nicotine. Voilà, d’après l'Institut flamand pour une vie saine, la principale conclusion de l'enquête menée auprès des élèves l'année scolaire dernière. Quelque 24,9 % des élèves âgés de 12 à 18 ans déclarent avoir consommé de la nicotine au moins une fois l'année dernière.
Si les cigarettes traditionnelles étaient autrefois le produit à base de nicotine le plus populaire auprès des jeunes, les cigarettes électroniques ont désormais repris le pas. Ainsi 28 % des élèves ont vapoté à un moment donné, et 23,5 % l'ont fait au moins une fois au cours de la dernière année scolaire.
Le nombre d'élèves qui vapotent régulièrement a nettement augmenté. L'année scolaire dernière, 9 % des écoliers de secondaire vapotaient au moins une fois par semaine, contre 6,5 % l'année précédente. Et 6,1 % vapotaient quotidiennement, contre 3,7 % lors de l'enquête précédente.
Les jeunes fument moins de tabac
En revanche, chaque année de moins en moins de jeunes consomment du tabac. Le nombre d'étudiants qui ont déjà fumé du tabac et celui d’écoliers qui ont fumé régulièrement au cours de l'année écoulée sont en constante diminution. L'année dernière, seuls 1,4 % des étudiants ont fumé exclusivement du tabac, alors que 10,3 % ont utilisé exclusivement des cigarettes électroniques.
Quelque 13,2 % d’écoliers - le groupe le plus important - ont consommé à la fois des cigarettes électroniques et des cigarettes traditionnelles. Cependant, l'enquête montre que la cigarette électronique est plus répandue que le tabac. "La cigarette électronique prend clairement le pas sur le tabac", indique l'Institut flamand pour une vie saine, qui a participé à l'étude. "Le vapotage est donc le moteur de la consommation toujours élevée de nicotine chez les jeunes."
"Il existe également des cigarettes électroniques sans nicotine, mais l'enquête a montré qu'elles sont peu utilisées par les étudiants", explique Pieter Debognies de Healthy Living. "Seuls 4 % des étudiants ont déclaré n'utiliser que des cigarettes électroniques sans nicotine. Et pourtant, outre les effets addictifs de la nicotine, il existe de nombreux autres effets nocifs pour les jeunes".
L'Institut pour une vie saine appelle donc à ne plus faire de distinction entre cigarettes classiques et cigarettes électroniques et à réduire l'usage de tous les produits à base de nicotine. "Un produit ne devrait pas être plus attrayant ou accessible aux jeunes qu'un autre. Tous les produits à base de nicotine devraient être soumis aux mêmes contrôles stricts et aux mêmes sanctions en cas de non-respect des règles. Les écoles et les parents ont également un rôle à jouer pour sensibiliser les jeunes et montrer l'exemple", conclut Pieter Debognies.
Pourquoi les cigarettes électroniques sont-elles nocives pour les jeunes ?
Les cigarettes électroniques contiennent généralement de la nicotine, une substance plus addictive que l'alcool et de nombreuses autres drogues. Les jeunes étant beaucoup plus susceptibles de développer une dépendance que les adultes, leur consommation est fortement déconseillée.
La nicotine peut également nuire au développement cérébral des jeunes. De plus, le vapotage peut provoquer de la toux, des maux de tête, des étourdissements et des maux de gorge à court terme.
Les filles vapotent davantage que les garçons
Les résultats de l’enquête montrent pour la première fois clairement que les filles (24,9 %) sont plus nombreuses que les garçons (22,2 %) à vapoter. Cette évolution avait déjà commencé lors de l'enquête précédente, mais l'écart s'est creusé. Chez les garçons, le vapotage est resté relativement stable au fil des ans, tandis que chez les filles, il a plus que doublé en cinq ans.
Les élèves commencent à vapoter généralement par curiosité : 81 % citent en tous cas cette raison principale. Près de 40 % déclarent également vapoter pour éviter de fumer à nouveau. D’autre part, trois quarts des élèves ne consomment jamais de nicotine. Et ce chiffre est stable depuis plus de cinq années scolaires.
Au total, 51.238 élèves ont participé à l'enquête. Les résultats sont basés sur un échantillon représentatif de 7.522 élèves âgés de 12 à 18 ans, issus des filières A et B (premier degré), de l'enseignement secondaire général, professionnel et technique (2e et 3e degrés).
