Dix plaintes ont été déposées auprès du Comité P, chargé de contrôler les services de police, pour des violences policières lors de la manifestation de la Flottille pour Gaza à Bruxelles la semaine dernière. Cette manifestation a donné lieu à des affrontements entre policiers et manifestants. "Quand un policier a vu que je filmais les violences, il s’est immédiatement dirigé vers moi pour me frapper", a confié une journaliste présente sur place à la VRT.
10 plaintes pour des violences policières lors de la manifestation à Bruxelles en soutien de la flottille humanitaire pour Gaza
Environ 4 000 personnes ont participé jeudi à une manifestation spontanée à Bruxelles. Le rassemblement faisait suite à l’interception par Israël de la flottille humanitaire à destination de Gaza et à la détention des militants, un événement qui a suscité de nombreux protestations en Belgique et dans le reste du monde. Selon la police, un groupe d’environ 600 manifestants s’est détaché vers 19h30 du rassemblement pour se diriger vers la Bourse.
"Ils se sont introduits dans les tunnels, ont bloqué la circulation et causé des dégâts", indique la police bruxelloise. Des projectiles auraient également été lancés contre les agents.
A la Place du Luxembourg, un autre groupe de manifestants a refusé de quitter les lieux. Selon la police, des graffitis ont été tracés, des projectiles lancés et des panneaux de signalisation détruits. Pour rétablir l’ordre, les agents ont fait usage de gaz lacrymogène et d’un canon à eau, mesures jugées nécessaires pour maintenir l’ordre, selon la police.
Coups de matraque
Mais selon des manifestants la police aurait agressé certaines personnes, y compris des manifestants pacifiques. Erika Di Benedetto fait partie des personnes ayant déposé une plainte pour usage excessif de la violence par la police. La journaliste était présente jeudi pour prendre des photos lors de la manifestation. Elle travaille pour le collectif journalistique OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project).
"Lorsque les manifestants sont partis de la place de la Bourse, la police les attendait. Soudain, ils ont lancé du gaz lacrymogène sur la foule", raconte Di Benedetto. "Des agents ont commencé à charger la foule. J’ai été projetée au sol et ma caméra a failli être endommagée. Je me suis blessée à la jambe et aux mains."
"À côté de moi, une jeune fille portant un foulard a été frappée à la matraque. Ensuite, ils l’ont simplement laissée au sol."
Plus tard dans la soirée, un autre incident a eu lieu près du Parlement européen.
Même en Hongrie, je n’avais jamais été confrontée à ce type de violences policières.
Erika Di Benedetto
"J’ai vu un groupe de policiers frapper une femme. Elle était au sol et j’essayais de filmer la scène. J’ai crié à la police d’arrêter, et à ce moment-là, un autre agent s’est dirigé vers moi. J’ai crié : ‘je suis de la presse’, mais il m’a frappée à la hanche avec sa matraque", raconte Erika Di Benedetto. Le lendemain, Erika Di Benedetto s’est rendue à l’hôpital pour faire constater ses blessures. "Je couvre des manifestations depuis de nombreuses années, mais même en Hongrie, je n’avais jamais été confrontée à ce type de violences policières", explique-t-elle.
"Surtout parce que je m’étais clairement identifiée comme journaliste. Je ne constituais pas une menace et je gardais mes distances avec les manifestants. Pourtant, la police est venue m’agresser C’est un signal clair de pression sur les médias. Il n’y a plus de liberté de la presse."
"Chaque plainte sera examinée"
Le Comité P précise que chaque plainte sera examinée. "Lorsqu’une plainte concerne des faits pénalement répréhensibles, comme des coups et blessures, cet aspect sera transmis au parquet compétent", indique le Comité P.

