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L'instituteur de maternelle a été condamné à 12 ans de prison

Un instituteur de Grammont, poursuivi pour abus sexuels sur au moins 16 jeunes enfants, condamné à 12 ans de prison

Le tribunal correctionnel d'Audenarde a condamné ce vendredi un instituteur de Onkerzele, près de Grammont (Flandre orientale), à 12 ans de prison et 15 ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines pour plusieurs agressions sexuelles, dont des viols. "Meester Thijs" (photo) a abusé d’au moins 16 enfants, entre 2020 et 2024, qui étaient âgés de 2 ans et demi à 5 ans. Il a enregistré des images des faits et les a partagées sur le dark web. Il s'agit de l'une des plus importantes affaires d'abus sexuels sur mineurs en Belgique.

Anne François Belga
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Les faits avaient été révélés début 2024 grâce à une enquête menée par les services de police américains. Ces derniers avaient visionné une vidéo de maltraitance d'enfants dans une école. Il est courant que cette information soit immédiatement partagée au sein des forces de police : dans ce cas précis, la vidéo a été transmise à Europol. Au sein de l'agence européenne de police, une équipe de 30 personnes (l'équipe "Analysis Project Twins") travaille sans relâche à l'analyse des images de maltraitance. Elle examine chaque détail et objet visible. Dans ce cas, un tatouage frappant sur la main et un mur vert vif de l’école auraient permis d'identifier un suspect à Grammont.

Le suspect, un enseignant de 40 ans d’école maternelle et éducateur spécialisé qui a travaillé pendant des années à l'école De Springplank (photo), dans la commune d'Onkerzele (Grammont), a ainsi pu être arrêté. Il jouissait d’une excellente réputation : la direction et les enseignants de l’école sont encore toujours sous le choc des révélations.

Des images diffusées via le dark web

Au tribunal correctionnel d’Audenarde, le prévenu était poursuivi pour le viol de 16 garçons âgés de deux ans et demi à cinq ans. L'homme comparaissait également pour diffusion d'images de violences sexuelles sur mineurs. Son téléphone contenait plus de 6.000 images et vidéos de violences sexuelles sur mineurs. Il partageait ces images avec d’autres pédophiles via le dark web clandestin.

L’enquête a permis de retrouver les 16 jeunes victimes de l’école De Springplank, mais aussi une victime âgée aujourd’hui de 20 ans. Les faits se sont déroulés en 2008, lorsque l’enfant avait 3 ans. Les avocats des victimes estiment donc que d’autres faits se sont produits entre 2008 et 2020, bien qu’aucunes preuves n’aient (encore) été retrouvées.

Outre la peine de 12 ans de prison et 15 ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines, l'ancien instituteur s'est vu interdire tout contact avec les victimes pour les 20 prochaines années et une interdiction d'exercer auprès de mineurs durant le même laps de temps. Il est également déchu de ses droits pour une durée de 5 ans. Le prévenu doit verser aux parties civiles une indemnité totale de 112.170,19 euros.

Le ministère public a fait valoir que l'homme a continué à minimiser ses actes et devait donc se voir infliger la peine maximale de vingt ans d'emprisonnement. Le tribunal n'a pas donné suite à ce réquisitoire et a déclaré que le jugement "vise à établir un équilibre proportionné entre l'intérêt de la société et les intérêts individuels de toutes les parties concernées". Le tribunal indique par ailleurs qu'"un suivi supplémentaire du prévenu à l'issue de sa peine d'emprisonnement est nécessaire, c'est pourquoi il est mis à disposition du tribunal de l'application des peines pour la durée maximale". Selon la défense, il n'y a eu ni contrainte ni violence envers les victimes, mais le tribunal a estimé qu'il y avait bien eu contrainte morale.

La salle d'audience à Audenarde

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