Aller au contenu principal

Quatre familles contraintes de dormir dans la rue à Bruxelles portent plainte contre la ministre de l'Asile Van Bossuyt

Quatre familles de demandeurs d'asile ont déposé plainte devant le procureur général de Bruxelles contre la ministre de l'Asile et de l'Immigration, Anneleen Van Bossuyt. Elles dénoncent le refus de la ministre nationaliste de leur accorder une place d'accueil, malgré des ordonnances assorties d'astreintes rendues par le tribunal du travail. Leur avocat affirme en outre que le refus systématique d'accueillir des demandeurs d'asile bénéficiant d'une protection ailleurs est illégal.

Anne François Belga
Publié:

Il s'agit de deux couples avec un enfant, d'un couple avec cinq enfants et d'une mère seule avec un nourrisson, originaires d'Afghanistan et d'Erythrée. Ils ont reçu l'asile en Grèce, mais la situation est telle dans ce pays que, dans les faits, le statut de protection est inopérant: absence de logement, impossibilité d'accéder à des soins médicaux, pas de scolarité, notamment. "Une des familles est venue en Belgique car leur enfant doit être opéré, et en Grèce cela leur est impossible", a expliqué Me Farah Féguy.

Ces familles ont donc demandé l'asile en Belgique mais, depuis peu, les services de l'immigration peuvent refuser l'accueil de personnes qui bénéficient d'une protection dans un autre pays. La loi impose toutefois de procéder à l'examen individuel de la situation de vulnérabilité de chaque demandeur. Or, selon les avocats, la ministre a donné instruction à Fedasil de refuser systématiquement d'accueillir ces personnes.

Le tribunal du travail leur donné raison à plusieurs reprises et condamné Fedasil à accueillir ces familles. En vain: l'Agence fédérale refuse d'exécuter ces décisions "à la demande de la ministre". Ces familles avec enfants doivent donc trouver des solutions de fortune pour être hébergées: logements d'urgence ou chez des particuliers, et se retrouvent régulièrement à la rue.

"Cette situation est constitutive d'infractions pénales, à savoir des traitements inhumains ou dégradants ou, à tout le moins, de la non-assistance à personne en danger. En effet, par une action délibérée, programmée et revendiquée, la ministre soumet volontairement les personnes à des traitements inhumains, ou à tout le moins dégradants, en violation des obligations internationales de la Belgique. Par son action, elle contraint en effet ces familles à vivre dans la rue, dans le dénuement le plus total, sans soins ni nourriture", dénoncent les avocats qui pointent également un acte "arbitraire": le cabinet de la ministre a expressément ordonné à Fedasil de ne pas exécuter des décisions de justice, pourtant exécutoires.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5