Une septantaine d'activistes de Greenpeace bloquent mercredi le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) du port de Zeebrugge. Aucun navire ne peut actuellement y entrer. L'ONG environnementale souhaite, par cette action, protester contre l'importation de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie et des États-Unis.
Plus de 70 activistes de Greenpeace bloquent le terminal gazier du port de Zeebrugge
Les activistes se sont dissimulés mercredi matin à différents endroits de Zeebrugge pour échapper à la police et aux gardes-côtes. Ils attendaient qu'un méthanier quitte le port. Dès que cela a été le cas, environ 70 activistes ont pris la mer à bord de bateaux pneumatiques et de kayaks. Sur les embarcations, on pouvait lire des slogans tels que "Poutine et Trump adorent le gaz, c'est vous qui en payez le prix" ou "Stop au gaz fossile".
Il s'agit d'une action internationale. Les activistes belges étaient accompagnés d'activistes de 17 pays différents. La branche ukrainienne de Greenpeace a notamment participé à l'action.
Le gaz liquéfié qui arrive à Zeebrugge est destiné à toute l'Europe, notamment l'Allemagne qui en est un grand consommateur. Notre dépendance au gaz fossile est problématique pour le climat, selon Joeri Thijs, porte-parole de Greenpeace, présent mercredi à Zeebrugge. "Pourtant, nous concluons des contrats à long terme et des méthaniers en provenance des États-Unis et de Russie entrent quotidiennement dans le port de Zeebrugge", a-t-il affirmé. D'après lui, la Belgique soutient ainsi la guerre en Ukraine. "Depuis l'invasion, elle a dépensé 6,2 milliards d'euros en GNL russe, contre 3,2 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine", a avancé le porte-parole de l'ONG.
Greenpeace s'oppose également à l'importation de GNL en provenance des États-Unis. "Celui-ci est encore plus nocif pour le climat car il s'agit de gaz de schiste", affirme l'ONG.
Dirk De fauw, vice-président de Port of Antwerp-Bruges, comprend les manifestants. "Heureusement que les manifestants n’ont bloqué que le terminal GNL. Le trafic normal peut se poursuivre, et heureusement, les terminaux automobiles ne sont pas fermés."
"Et oui, l’Europe est vulnérable parce que nous disposons de trop peu d’autres sources d’énergie. Nous voulons également, à terme, nous passer des combustibles fossiles comme le GNL. Mais malheureusement, notre pays produit encore trop peu d’énergie solaire ou éolienne. Nous sommes donc obligés de recourir à des sources plus traditionnelles. Toutefois, nous comprenons la nécessité de la transition énergétique et y travaillons déjà, par exemple en investissant dans l’hydrogène. Mais cela ne peut pas se faire en un jour. C’est un processus qui prendra des années."
