Interrogée au Parlement flamand, la ministre flamande des Sports Annick De Ridder (N-VA) a expliqué que la Communauté flamande et Atletiek Vlaanderen (la fédération flamande d'athlétisme) avaient convenu d'un "trajet d'amélioration" après les incidents qui ont marqué les derniers championnats du monde d'athlétisme à Tokyo. L'un des points d'attention sera la communication où la marge de progrès est importante. Dans un échange de mails entre les fédérations flamande et francophone d’athlétisme, il avait été indiqué qu’il fallait “faire un exemple”. La proposition de priver la triple championne olympique d'heptathlon Nafi Thiam de Mondiaux était bel et bien sur la table.
"Faisons un exemple" : un échange de mails à la base du conflit entre Nafi Thiam et la Fédération belge d’athlétisme
Nafi Thiam, triple championne olympique et double championne du monde de l'heptathlon, a abandonné après cinq épreuves au Japon. Elle a renoncé, déçue par ses mauvais résultats et vaincue émotionnellement par un différend avec Belgian Athletics, la fédération belge d'athlétisme, sur le sponsoring. L'athlète, figure emblématique du sport belge, a refusé de signer le code de conduite qui lui était soumis car elle dispose d'autres sponsors que ceux de la fédération. Ce code remonte à avril mais ce n'est qu'à la fin de l'été qu'une discussion a été entamée avec Nafi Thiam, a remarqué la ministre.
Cet abandon a créé une vive émotion et mis en lumière les problèmes qui règnent au plus haut niveau de l'athlétisme national. Mme De Ridder s'est entretenue mardi avec "Sport Vlaanderen", qui met en oeuvre la politique sportive flamande, et Atletiek Vlaanderen qui, avec la fédération francophone (LBFA), compose la ligue belge d'athlétisme. Il a notamment été mis en avant que ce code remonte à avril alors que c'est à la fin de l'été seulement qu'une discussion a été entamée avec Nafi Thiam.
"Peut-être faut-il laisser de la marge pour se comporter différemment avec les huit athlètes au sommet qu'avec les autres", a souligné Mme De Ridder.
"Je ne veux pas que cela prenne une tournure communautaire"
La ministre a cité un courriel de la fédération flamande d'athlétisme au contenu interpellant. Il est question de sanctions envers Nafi Thiam pour le refus de signer le code de conduite. "Donnons l’exemple et cela ne se reproduira jamais", a lu Annick De Ridder dans les échanges de mails du coordinateur flamand du sport de haut niveau, Rutger Smith. "Tous les représentants francophones ont alors répondu qu’ils étaient “totalement” d’accord."
Pourtant, Jessica Mayon, de l’aile francophone de la fédération d’athlétisme, a semblé en faire une question communautaire lors des Mondiaux. "Il y avait des personnes qui ne voulaient pas qu’elle participe aux Mondiaux", a-t-elle déclaré à Tokyo.
"Je ne veux pas que cela prenne une tournure communautaire", a répliqué Annick De Ridder. "Tous les acteurs concernés ont dit qu’il fallait signer la convention."
Une différence d'approche entre Flandre et Communauté française
La ministre N-VA est aussi revenue sur les différences entre les approches en Flandre et en Communauté française. Au nord du pays, le travail se déroule de manière plus centralisée alors que les francophones laissent plus de marge de manoeuvre aux coachs et accompagnateurs personnels. "Un nouvel équilibre est peut-être nécessaire entre les coachs qui sont actifs dans le fonctionnement central et ceux qui travaillent en dehors", a expliqué Mme De Ridder.
"Mais je ne suis pas aveugle au fait que certains athlètes ont également critiqué les choix faits par la Flandre lors des Championnats du monde", a-t-elle poursuivi. "Ce sont des signaux qui ne sont pas nouveaux et qui ne peuvent être ignorés". Le mail cité par la ministre a fait réagir dans l'opposition Gwendolyn Rutten (Open VLD). "C'est un abus de pouvoir", a-t-elle déclaré.
"Le ministre doit convoquer le coordinateur du sport de haut niveau (d'Athletiek Vlaanderen). Il est temps que Rutger Smith rende lui-même des comptes sur sa façon de faire. Ce genre de déclarations et de comportements sont inacceptables. Son rôle est de permettre aux athlètes de haut niveau de briller, pas de donner une leçon aux champions olympiques", a-t-elle martelé.
