Des moutons peuvent-ils remplacer les tondeuses pour limiter la hauteur de l’herbe entre les fruitiers. C’est ce que teste le producteur de fruits Karel Paesmans, de Nieuwerkerken (Limbourg), ces prochaines semaines avec 46 moutons dans ses vergers. La présence des moutons devrait favoriser la qualité du sol et la biodiversité, ce qui est également bénéfique pour les arbres.
Installer des moutons dans les vergers : un fruiticulteur de Nieuwerkerken teste cette forme d’éco-pâturage
Comme dans de nombreux secteurs, la question de la durabilité se pose aussi dans la production fruitière. Ainsi, Karel Paesmans, connu pour Fruitsnacks, teste actuellement si ses moutons peuvent remplacer la tondeuse classique pour garder l’herbe courte après la récolte. Un détail important : les moutons ne doivent évidemment ne pas pouvoir manger les fruits.
Et bien sûr, pas question non plus de toucher aux arbres. C’est l’un des plus grands défis de ce projet. Pour éviter tout dommage aux arbres, Paesmans fait appel à des moutons Shropshire de la ferme Het Mekkertje à Zonhoven. Cette race n’est en effet pas intéressée par l’écorce des fruitiers.
"Les moutons sont là depuis une semaine et, pour l’instant, ils laissent les arbres tranquilles. Seules les feuilles sont mangées, mais ce n’est pas grave, elles tomberont bientôt de toute façon", explique Paesmans. "Je suis satisfait de leur travail jusqu’à présent."
Biodiversité et qualité du sol
Les moutons ne seraient pas seulement utiles pour couper l’herbe, mais aussi pour la biodiversité et pour améliorer la qualité du sol. Ils fertilisent le sol et les enzymes présentes dans leur bouche stimulent la croissance des plantes. Mais selon Paesmans, il serait trop prématuré de dire que cela produira davantage de fruits.
"Surtout pour la vie du sol, l’arrivée des moutons est une bonne chose. Un sol sain peut retenir beaucoup plus d’eau et de carbone et libère beaucoup d’azote. À terme, cela devrait nous permettre de réduire l’usage d’engrais chimiques. À l’avenir, j’espère n’utiliser que du fumier organique sur mes parcelles."
Pas pour une production intensive
Pour le moment, les moutons se trouvent sur une parcelle limitée. Si le projet pilote s’avère concluant, ils seront déployés sur l’ensemble de la plantation. Dany Bylemans, du Centre d’expérimentation pour la production fruitière (Proefcentrum Fruitteelt, pcfruit), ne croit pas que l’utilisation de moutons dans les vergers à basse-tige devienne la norme.
"Dans la production fruitière extensive avec arbres demi‑tiges ou haute-tiges, les moutons sont déjà utilisés depuis longtemps pour gérer l’herbe dans les vergers, mais pour la production intensive, je n’y vois pas beaucoup d’avantages. De plus, nous pouvons fertiliser de manière plus précise et homogène avec des machines", explique encore Dany Bylemans.
