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Le bruit de la circulation affecte la qualité de vie à Gand, Louvain et Anvers : il génère des troubles du sommeil et du stress

La pollution sonore liée au bruit ambiant ne constitue pas seulement un problème environnemental, elle révèle aussi des inégalités sociales. Les habitants d'appartements ou de studios et les ménages à faibles revenus se disent bien plus exposés aux nuisances, si l’on en croit l'enquête citoyenne "De Oorzaak" (‘La cause’ en français ou, de façon littérale, "l’affaire de l’oreille") menée par l'Université d'Anvers (UAntwerpen), l'hôpital universitaire d'Anvers (UZA) et le quotidien De Morgen. Cette étude met aussi en évidence le lien étroit entre un bruit excessif et des problèmes de santé. "La pollution sonore constitue un défi structurel en milieu urbain", explique le chercheur Cédric Vuye (UA).

Anne François Belga
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La circulation routière est la principale source de pollution sonore, indiquent les résultats de l'enquête flamande. "À Anvers, Gand et Louvain, les niveaux mesurés dépassent souvent les seuils recommandés par les chercheurs, à savoir 60 décibels en moyenne sur l'ensemble de la journée, le soir et la nuit, et 50 décibels comme valeur de référence pour la nuit", explique le professeur Cedric Vuye de l'UAntwerpen.

C'est ce qui ressort des données de près de 1.500 capteurs sonores intelligents, disséminés pendant des mois dans les villes de Gand, Louvain et Anvers, où ils ont enregistré le son.

Les personnes exposées à d'importantes nuisances sonores souffrent plus souvent de problèmes de santé, comme le manque de sommeil et le stress, conclut l'enquête. Des analyses de salive menées sur un sous-groupe de participants anversois à l'étude de l'UZA montrent que les personnes atteintes d'hyperacousie (sensibilité anormalement élevée aux sons) présentent des taux de cortisol supérieurs, un indicateur biologique d'un stress accru.

Un point positif ressort de l'étude : les sons de la nature sont systématiquement perçus comme positifs. Les participants qui y étaient particulièrement attentifs se disaient plus satisfaits de leur cadre de vie. "Cela confirme qu'investir dans davantage d'espaces verts et de zones calmes n'est pas seulement bénéfique sur le plan écologique ou esthétique, mais améliore aussi directement la santé et le bien-être", souligne le chercheur Jonas Lembrechts (UAntwerpen).

Comment les chercheurs ont-ils procédé ?

Pendant deux ans, des milliers de scientifiques civils ont cartographié le bruit ambiant. Quelque 4.665 Flamands ont participé à une promenade sonore, 10.138 personnes ont répondu à l'enquête, et des capteurs sonores innovants installés à 1.452 endroits à Anvers, Gand et Louvain ont enregistré tous les sons ambiants pendant six semaines.

De plus, 101 Anversois ont participé à une étude sur leur sommeil et leur audition, et 128 civils scientifiques ont partagé les données de leur Apple Watch.

Le quartier louvaniste des sorties étudiantes

Trop de bruit n'est pas seulement gênant, cela affecte aussi notre qualité de vie. "Il existe un lien étroit entre la pollution sonore et les problèmes de santé signalés, comme le manque de sommeil et le stress", explique le professeur Vuye, chercheur principal du projet De Oorzaak.

Tout le monde ne ressent pas le même niveau d'inconfort dans le même environnement.

Prof. Cédric Vuye (Université d'Anvers)

"Mais ce lien est très personnel", poursuit Vuye. "Tout le monde ne ressent pas le même niveau d'inconfort dans le même environnement." Une sensibilité au bruit accrue a été constatée chez environ 30% des participants.

Et cette sensibilité n'est pas le fruit du hasard : des analyses de salive réalisées sur un sous-groupe de participants anversois ont montré que les personnes sensibles au bruit présentaient des taux de cortisol plus élevés, un indicateur biologique d'un stress accru. Il ne s'agit donc pas seulement d'une gêne subjective, mais aussi d'une réaction physique.

Des parcs et une vitesse réduite

Alors comment réduire la pollution sonore dès à présent ? "Les collectivités locales peuvent agir. Les villes ayant participé à l'étude en font déjà beaucoup. Pensez aux limitations de vitesse, au projet de revêtement du ring d'Anvers ou à la limitation du bruit des soirées étudiantes."

De plus, des zones sans bruit comme les parcs et les cours peuvent également apporter un soulagement. L'étude montre en outre qu'entendre les oiseaux, le bruissement des feuilles ou l'eau qui coule apporte plus de calme, mais réduit également le stress et les nuisances pour les habitants. Les participants qui ont davantage perçu les sons naturels ont déclaré être plus satisfaits de leur cadre de vie.

Le parc de la Citadelle à Gand

Réajuster les attentes

"Bien entendu, les gouvernements ne peuvent pas éliminer tout le bruit. J'espère aussi que les gens ajusteront leurs attentes. Si elles diffèrent trop de la réalité, le bruit augmentera le stress", souligne le professeur Cédric Vuye (Université d'Anvers), chercheur principal de l’étude De Oorzaak

Nous pourrions aussi être un peu plus tolérants, estime le professeur anversois. "Je pense que les gens ont tendance à devenir moins tolérants. Nous vivons dans notre cocon et ne voulons rien entendre de nos voisins. Les audiologistes de cette étude conseillent également aux personnes dérangées par leurs voisins de leur parler. En apprenant à les connaître, vous serez moins agacé."

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