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La réserve naturelle de Ganshoren

Natuurpunt a acheté une réserve naturelle à Ganshoren : "Un endroit idéal pour les orchidées et les chouettes"

La section bruxelloise de l’organisation environnementale Natuurpunt vient d’acquérir sa propre réserve naturelle à Ganshoren - une première pour Bruxelles. "Cela devrait devenir des prairies humides et peu fertiles, afin que les orchidées puissent y revenir", explique le président de l’organisation flamande Wim Veys. La nouvelle réserve est située dans la commune de Ganshoren, à la frontière avec le Brabant flamand. Elle est reliée à trois autres réserves naturelles dans la vallée du Molenbeek, un ruisseau qui prend sa source à Dilbeek en Brabant flamand et passe ensuite par les communes bruxelloises de Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren et Jette.

BRUZZ Anne François
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L'histoire est presque trop belle pour être vraie. Il y a dix-huit mois, le Natuurpunt Bruxelles recevait un appel téléphonique d'une dame représentant plusieurs propriétaires. Elle proposait à l’association environnementale de lui vendre un terrain de quatre hectares à Ganshoren, à la frontière avec la Flandre. Il est rare qu'une association de protection de la nature dans une ville se voit proposer un terrain.

À Bruxelles, un bras de fer oppose principalement les efforts de préservation de la nature aux grands projets immobiliers. Les dossiers du Donderberg, de la friche Josaphat ou des lisières de la forêt de Soignes en sont des exemples criants. Ces vingt ou trente dernières années, les espaces de nature dans la capitale ont nettement rétréci, comme le montrent de nombreux témoignages.

Dans le cas de la réserve naturelle de Ganshoren, Natuurpunt s'est vu offrir le terrain sur un plateau d'argent. L'achat est désormais finalisé et Wim Veys a pu montrer la nouvelle réserve à BRUZZ. Il s'agit d'un vaste terrain le long du Molenbeek. "L'emplacement est idéal", se réjouit Veys.

Bientôt à nouveau des orchidées ?

“Non seulement le ruisseau Molenbeek traverse le terrain, mais ce dernier rejoint aussi la réserve naturelle du Marais de Ganshoren et deux autres réserves à Zellik : le Verger d’Erik et le Parc Kerremans. Ces réserves forment un très bel ensemble".

La nouvelle réserve, qui n’a pas encore reçu de nom, comprend deux grandes étendues de prairies et une forêt marécageuse, assez humide la majeure partie de l'année. Natuurpunt souhaite valoriser cet aspect.

Un agriculteur flamand utilise encore l'une des prairies comme pâturage de production, explique Veys. Il y épand aussi son fumier. Mais ce ne sera plus possible à l’avenir. "Il faut que cette prairie devienne humide et pauvre en nutriments pour que les orchidées puissent y revenir. Nous avons déjà repéré des cerfs grâce à une caméra de surveillance dans la forêt. Et avec un habitat de saules, nous pouvons également nous attendre à voir des chouettes chevêches d'Athéna". Wim Veys est optimiste.

Une chouette chevêche

Bientôt des chauves-souris?

Le fait que le Natuurpunt ait pu acheter ce terrain est une très bonne nouvelle, estime aussi Olivier Beck, responsable de la Gestion de la Nature à Bruxelles Environnement et gestionnaire du Marais de Ganshoren tout proche. "Cela renforcera la nature robuste de la vallée du Molenbeek. D'un point de vue paysager, elle forme une longue étendue allant de la forêt du Laerbeek à Jette, en passant par le parc Roi Baudouin, jusqu'à Ganshoren. Des sources de tourbe calcaire et des ruisseaux la traversent et se jettent dans le Molenbeek", explique Beck.

"J'oserais même étendre cette zone jusqu'au Zavelenberg. Les chauves-souris, par exemple, perçoivent cette zone comme un espace vert unique. Ces paysages verdoyants sont précisément ce dont les oiseaux, les chauves-souris et autres mammifères ont besoin pour se nourrir."

Une chauve-souris

En mémoire de Broeksele

Cette zone humide et marécageuse possède également une valeur patrimoniale, souligne Olivier Beck. "Elle fait référence au paysage de l'ancien "Broeksele", le nom d’origine de Bruxelles, qui désigne un habitat proche du marais."

"De plus, c'est un atout pour la nature, parce que cette zone permet d'offrir de nouvelles opportunités aux espèces menacées. Je pense notamment à certaines espèces de marais ou à certains oiseaux comme le râle d'eau, que nous risquons de perdre à Bruxelles."

L'organisation environnementale a refusé de communiquer les détails financiers de l'acquisition de la réserve de Ganshoren, mais il est certain que Natuurpunt, qui jouit d'une excellente réputation en matière de gestion de la nature, renforce ainsi sa présence dans la capitale.

Contrairement à la Flandre et à la Wallonie, où Natuurpunt et Natagora sont deux acteurs majeurs, la gestion de la nature à Bruxelles est beaucoup plus fragmentée, avec de nombreuses petites associations sans but lucratif d'Evere à Woluwé, en passant par Anderlecht et Watermael-Boitsfort, et bien sûr aussi Bruxelles Environnement. Natuurpunt, le plus grand propriétaire foncier privé de Flandre, se fait ainsi encore mieux connaître à Bruxelles.

Des bénévoles enthousiastes

Pour Natuurpunt Bruxelles, qui compte plus d'un millier de membres, il est intéressant de disposer de sa propre réserve naturelle, pour son développement. "Cela attire immédiatement des bénévoles", explique Wim Veys. "C'est quelque chose de concret et tangible. Les gens nous disent qu'ils ont le sentiment que leurs cotisations sont utilisées à bon escient. D'autres en profitent pour faire un don. Nous recevions souvent des demandes d'écoles ou d'entreprises pour organiser des activités ensemble. Maintenant que nous avons notre propre réserve, ce sera beaucoup plus facile."

Pour Natuurpunt, le vrai travail ne fait que commencer. Une levée de fonds est nécessaire pour financer l'achat à Ganshoren, explique Veys. Il faut aussi trouver un conservateur et élaborer un plan de gestion. "C'est précisément ce qui rend le projet intéressant, puisque nous pouvons décider nous-mêmes de l'orientation que nous voulons prendre."

Et la couleuvre à collier ?

"Nous souhaitons absolument préserver la prairie de fauche. Elle comprend deux zones légèrement plus profondes. On pourrait y aménager des étangs, ce qui devrait attirer de nouveaux amphibiens. D’autre part, nous laisserons partiellement la forêt marécageuse se développer, afin qu'elle devienne à terme une aulnaie marécageuse".

"Mais nous ne le ferons pas seuls. Étant donné que nous sommes situés en bordure d'une réserve naturelle appartenant à Bruxelles Environnement, nous consulterons bien sûr cette administration publique. Hyla, le groupe de travail sur les reptiles, nous a déjà contactés. Ils sont actifs dans le Marais de Ganshoren, où la couleuvre à collier est présente. Notre nouvelle réserve est elle aussi intéressante pour la couleuvre à collier", explique Wim Veys.

Enfin, Natuurpunt devra évaluer dans quelle mesure la zone naturelle à Ganshoren peut être rendue accessible aux promeneurs afin qu'ils puissent profiter de la nature. Actuellement, la zone est trop humide pour s'y promener. "Des sentiers la longent déjà. C'est une bonne chose. Plus tard, un sentier de promenade sera peut-être créé au sein même de la réserve naturelle, mais avec des passerelles en bois, sinon on risque de se mouiller les pieds."

Une couleuvre à collier

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