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La chercheuse de la Karel de Grote Hogeschool, Saloua Berdai Chaouni, avec la valise de souvenirs spécialement adaptée

Quand les souvenirs soignent : des valises à souvenirs pour les aînés d’origine marocaine atteints de démence

La Haute école Karel de Grote (Karel de Grote Hogeschool) et le Red Star Line Museum à Anvers présentent une valise à souvenirs pensée pour accompagner les personnes âgées d’origine marocaine atteintes de démence. En effet, les valises à souvenirs flamandes classiques ne correspondent pas à l’enfance de ces aînés, qui ont grandi au Maroc, expliquent les organisateurs. "Les photos et les odeurs ont fait remonter chez ma mère de nombreux souvenirs", confie Hamida, aidante familiale.

Eric Steffens
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Les chercheurs de la Haute école Karel de Grote à Anvers ont élaboré des valises à souvenirs en collaboration avec des personnes âgées, des aidants et des experts, à la recherche de parfums, d'objets et de photos emblématiques de l’histoire migratoire.

"Il ne s’agit pas seulement d’objets liés à leur enfance au Maroc, mais aussi de souvenirs renvoyant à leurs premières années en Flandre, dans les années ‘60", explique Saloua Berdai Chaouni, chercheuse à la Karel de Grote Hogeschool.

Une valise de souvenirs, avec de petits pots d’herbes aromatiques au premier plan.

Qu’appelle-t-on des valises à souvenirs ?

Les "valises à souvenirs" font référence à des coffrets ou sacs sensoriels, utilisés dans le cadre de la thérapie par réminiscence, conçus pour stimuler la mémoire des personnes atteintes de démence en leur proposant des objets, des odeurs et des textures familières du passé. Cette approche permet de raviver des souvenirs lointains, de réduire l'anxiété et de faciliter les échanges, offrant une stimulation apaisante et ludique pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives.  

Peaufiner ensemble

Les valises à souvenirs existent déjà depuis longtemps en Flandre. "Mais elles partent surtout de la mémoire collective des personnes âgées flamandes de souche", explique Saloua Berdai Chaouni. "Or, nous avons remarqué que les objets contenus dans la valise n’éveillaient pas grand-chose chez les personnes d’origine marocaine atteintes de démence. Avec elles, nous avons pu affiner ce qui devrait aussi figurer dans cette valise."

"Aujourd’hui, il s’agit du plus grand groupe de Flamands d’origine migrante, et les personnes d’origine marocaine sont elles aussi de plus en plus confrontées à la démence."  

Hamida, une aidante proche, avec un flacon d’eau de rose qui évoquait des souvenirs à sa mère.

Des odeurs et des photos

Hamida, une aidante proche, a testé il y a quelques années la valise à souvenirs auprès de sa mère atteinte de démence, aujourd’hui décédée. "Ce sont surtout les odeurs et les photos qui la stimulaient. Mais cela pouvait aussi être négatif : si une odeur ne lui plaisait pas, elle nous disait de l’enlever de la maison."

"Nous avons travaillé avec ce coffret à la maison, avec les enfants et petits-enfants, et beaucoup d’histoires sont remontées à la surface– surtout grâce aux photos. Nous avons aussi testé le système au centre de jour, mais là, un médiateur interculturel devait fournir une aide linguistique. Les soignants pouvaient bien lui présenter les objets, mais pas donner suffisamment d’explications."  

Quelques objets faisant référence à l’histoire migratoire des Flamands d’origine marocaine.

Le Red Star Line Museum, un lieu de mémoire et de soin

Au Red Star Line Museum, où les récits de migration sont au centre, on se réjouit de la collaboration avec la Haute École Karel de Grote. "En tant qu’institution patrimoniale, nous voulons aussi être un lieu de soin et soutenir des projets porteurs de sens, ici et maintenant", explique Nadia Babazia, responsable des relations avec le public.

Installé dans les halls de départ historiques de la compagnie maritime Red Star Line le long du Rijnkaai sur l’Eilandje à Anvers, ce musée met avant tout l’accent sur la dimension humaine des migrations.

"Nous constatons que grâce à cette valise à souvenirs, les personnes âgées retrouvent dans leur mémoire des choses oubliées depuis longtemps. Leurs proches en profitent aussi, car ces souvenirs réactivent la connaissance de leur propre histoire familiale."  

Podcast

Dans le podcast “Als vroeger daar en hier is ” (Quand le passé est ici et là), on peut écouter les témoignages de proches aidants et d’experts, en néerlandais. "On y entend aussi des conseils pour créer soi-même un tel coffret de souvenirs", précise la chercheuse de la Karel de Grote Hogeschool, Saloua Berdai Chaouni.

On le sait à présent, grâce aux valises à souvenirs qui réveillent volontairement la mémoire, le bien-être des personnes âgées atteintes de démence s’améliore et leur activité cérébrale est stimulée.  

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