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Le Premier ministre Bart De Wever (à g.) et le chanczelier allemand Friedrich Merz

De Wever rejette l'idée du chancelier Merz d'utiliser les avoirs russes gelés pour un prêt à l'Ukraine : "Cela ne se passera pas"

Le Premier ministre Bart De Wever a fermement rejeté l'idée du chancelier allemand Friedrich Merz d'utiliser des fonds bloqués de la banque centrale russe pour financer un prêt de 140 milliards de dollars à l'Ukraine afin que ce pays puisse résister à l'invasion russe. "Saisir l'argent de Poutine et nous laisser les risques, ça ne va pas arriver, laissez-moi être clair là-dessus. ‘It ain't gonna happen, das wird niemals passieren’", a réagi le chef du gouvernement belge en marge de l'assemblée générale de l'ONU à New York.

Anne François Belga
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Dans une carte blanche publiée dans le quotidien Financial Times, le chancelier allemand s'est dit favorable à l'idée d'utiliser des avoirs russes gelés - et pas seulement des bénéfices qui en découlent - pour accorder un prêt à l'Ukraine. La majeure partie des plus de 200 milliards d'euros d'actifs russes gelés se trouve chez le dépositaire central Euroclear (photo), à Bruxelles. Actuellement, les intérêts sur ces avoirs sont utilisés pour soutenir l'Ukraine.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que l'Union européenne cherchait une nouvelle solution pour ces actifs. Elle souhaiterait trouver un moyen d'accorder un prêt de réparation à l'Ukraine sans toucher aux actifs eux-mêmes. Le risque serait supporté collectivement. Dans le Financial Times, le chancelier allemand dit toutefois vouloir rester prudent quant à l'idée de confisquer les avoirs russes gelés, en raison de préoccupations de droit international et liées à la stabilité de l'euro sur la scène mondiale. "Mais nous devons réfléchir à la manière dont nous pouvons, en contournant ces problèmes, mettre cet argent à disposition pour la défense de l'Ukraine", selon Merz.

Bart De Wever ne cache pas son agacement envers cette sortie publique du chancelier allemand sur l'usage de cet argent alors qu'il avait demandé à ses collègues européens de ne pas le faire. "J'ai dit hier: je veux en parler calmement pour qu'on vienne avec une solution. Mais pas sortir chaque jour avec une nouvelle idée. Je trouve cela assez fâcheux". Le Premier ministre belge s'est toujours montré réticent envers tout usage des avoirs russes gelés. "Si des pays voient que l'argent d'une banque centrale peut disparaître si des politiciens européens jugent cela nécessaire, ils pourraient alors décider de retirer leurs réserves de la zone euro. Ce n'est peut-être pas ce que nous souhaitons voir arriver", répète-t-il.

Le siège d'Euroclear à Bruxelles

Des risques juridiques, notamment

L'opération ne serait en plus pas dénuée de risques juridiques, précise encore De Wever. "Il n'est pas certain que la Russie ne puisse jamais récupérer cet argent". Mais la Belgique exige une "mutualisation" des risques. "Et quand on commence à parler de cela, alors on voit tout le monde prendre ses jambes à son cou. Il n'y a encore personne qui a dit: "Vous avez raison, où est-ce que je peux signer?", remarque Bart De Wever.

Celui-ci dit comprendre pourquoi certains lorgnent avec de plus en plus d'insistance vers cet argent russe. Le président américain a clairement indiqué qu'il comptait se retirer du dossier ukrainien et qu'il était juste prêt à lui fournir des armes, contre paiement. "Les besoins de financement de l'Ukraine vont se monter en dizaines de milliards chaque année. La "coalition of the will" (la coalition de la volonté) va devenir la "coalition of the bill" (la coalition de la facture). Et je pense que là aussi on va voir tout le monde prendre ses jambes à son cou...", concluait Bart De Wever.

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