Le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq (Voor Gent) a déposé plainte auprès de la police afin de demander au parquet une enquête sur des propos publiés sur le site internet d’une mosquée du quartier Brugse Poort. "Une enquête déterminera si ces faits sont punissables ou non", a déclaré le bourgmestre Mathias De Clercq. "Pour ma part, je trouve ces propos répréhensibles et je les condamne formellement." Des réactions inquiètes sont également venues de la communauté musulmane au sujet de ce site.
La ville de Gand dépose plainte contre une mosquée suite à des propos misogynes et radicaux
La N-VA et le Vlaams Belang, dans l’opposition, ont demandé au conseil communal plus de clarté de la part de la ville concernant les éventuelles mesures à prendre contre la mosquée en question. La semaine dernière, la ville avait d’abord hésité, avant de rectifier et d’annoncer que ce point serait bien examiné. Sur le site internet, la page Facebook et les canaux YouTube de la mosquée El-Albani figuraient diverses déclarations misogynes, extrêmes, radicales et très conservatrices.
"La mosquée rejette notamment l’égalité entre hommes et femmes. De plus, les femmes y sont présentées comme “limitées dans leurs capacités intellectuelles. Il est logique que nous – tout comme des membres de la communauté musulmane elle-même – nous posions de sérieuses questions à ce sujet", a déclaré Anneleen Van Bossuyt (N-VA).
"L’égalité entre hommes et femmes est pour moi une valeur fondamentale", a réagi le bourgmestre De Clercq. "Les textes diffusés en ligne par la mosquée El-Albani sont d'un conservatisme d'un autre temps et inacceptables dans notre société", a confirmé le bourgmestre.
Aucun appel explicite à la violence ou à la haine
D'après lui, une analyse effectuée par la police de Gand a constaté que les messages étaient certes extrêmement conservateurs et radicaux, mais qu'aucun appel explicite à la violence ou à la haine n'avait été trouvé.
La police a donc estimé qu'un procès-verbal pour incitation à la haine n'était pas justifié. Le bourgmestre a cependant porté plainte et demandé au chef de corps de réexaminer ces cas.
"Il appartient maintenant au parquet de déterminer s'il s'agit de discrimination répréhensible". Une concertation est aussi prévue avec l'association des mosquées de Gand. Au-delà de la condamnation des publications, la ville mise par ailleurs sur la prévention, la "résilience critique" et le repérage précoce de la polarisation, selon Mathias De Clercq.
