A partir du 1er janvier 2026, les médicaments qui obtiennent des résultats prometteurs lors d'études cliniques seront remboursés plus rapidement, avant même leur homologation officielle. Cela permettra aux patients atteints de maladies graves ou rares d'accéder plus rapidement aux traitements expérimentaux. C’est ce qu’a indiqué le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke au quotidien De Tijd. "Les malades doivent pouvoir obtenir au plus vite le meilleur traitement possible", explique le ministre.
On entend ou lit souvent des histoires poignantes de patients atteints de mucoviscidose ou d'enfants atteints de maladies inhabituelles dont le traitement n'est pas remboursé, obligeant les familles à débourser des milliers d'euros. En cause, souvent, les négociations interminables sur les prix entre les laboratoires pharmaceutiques et le gouvernement. Avec la nouvelle procédure instaurée à l’initiative du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke souhaite s'assurer que les patients n'aient pas à attendre la résolution de ces discussions.
"La science évolue rapidement et le nombre de thérapies innovantes disponibles ne cesse d'augmenter, avec les coûts associés. C'est pourquoi nous modernisons actuellement notre politique de remboursement des médicaments", déclare-t-il. "Les personnes malades doivent bénéficier des meilleurs soins le plus rapidement possible. Cela rend notre marché plus attrayant pour les laboratoires pharmaceutiques et augmente les chances des patients d'accéder rapidement aux nouveaux traitements".
25 millions d’euros
Dans un premier temps, le ministre de la Santé allouera 25 millions d'euros au "Système d'accès rapide et équitable" (Early and Equitable Fast Access System). Ce montant peut être alloué grâce à l'augmentation du prix minimum d'une boîte de médicaments à 2 €. Pour les personnes bénéficiant d'un remboursement majoré, le prix est désormais porté à 1 €.
Cette nouvelle procédure est un pas dans la bonne direction, estime Patrick Vankrukelsven, médecin généraliste et professeur émérite de médecine générale à la KU Leuven. "Le processus entre l'approbation d'un médicament et la décision de remboursement en Belgique prend généralement un an et demi. C'est évidemment très long".
Procédure compliquée
"Je doute que cette procédure puisse aider un grand nombre de personnes. Je pense principalement aux maladies métaboliques très rares, qui ne touchent que quelques dizaines de personnes. C'est une procédure très complexe. Mais pour les personnes souffrant d'une maladie pour laquelle il n'existe pas encore de traitement, c'est assurément une avancée très positive".
Patrick Vankrukelsven estime cependant que le budget actuellement alloué est loin d'être suffisant. "Sachant que notre budget pharmaceutique total s'élève à 10 milliards d’euros, on peut prédire que les 25 millions seront rapidement épuisés".
