Le conseil communal de Louvain (Brabant flamand) a approuvé ce lundi soir un boycott structurel d’Israël. Concrètement, la ville universitaire écartera de ses marchés publics les entreprises israéliennes "qui tirent un avantage structurel de l’occupation de la Palestine ainsi que de la violence et du génocide à Gaza". Les autorités locales comptent insérer une clause spécifique en ce sens dans leurs futurs appels d'offres. La proposition a été approuvée à l’unanimité, excepté une abstention.
La ville de Louvain ne coopérera plus avec les entreprises israéliennes "qui profitent du génocide"
La ville de Louvain procède chaque année à plus de 40 millions d'euros de dépenses en biens et services, qu'elle veut le plus durables et éthiques possible, souligne l’échevin Thomas Van Oppens. La commune a ainsi déjà écarté tous les prestataires russes depuis l'invasion de l'Ukraine par l'armée du Kremlin.
"Etant donné qu'Israël continue de violer les droits humains des Palestiniens et qu'il mène actuellement un génocide à Gaza, nous avons décidé d'aller un pas plus loin et de chercher à boycotter Israël et les entreprises qui profitent du génocide, de la violence et de l'occupation illégale", a commenté Lies Corneillie, échevine en charge de la Politique mondiale.
Le boycott a été approuvé à l’unanimité au conseil communal de Louvain, à l’exception de l’abstention du parti d’extrême droite Vlaams Belang.
Collaboration avec d’autres communes
Une clause interdisant la collaboration avec de telles entreprises sera incluse dans tous les achats municipaux. Les entreprises non israéliennes, mais qui tirent profit du conflit, seront également inscrites sur la liste noire. Louvain fonde sa décision sur la clause déjà établie par la ville de Gand.
La ville universitaire encourage les autorités supérieures à soutenir les communes dans ce processus. "Cela évitera à chacun de devoir élaborer ses propres clauses et procédures", précise-t-elle. "De plus, de nombreux achats sont effectués dans le cadre de contrats de niveau supérieur. Louvain, en collaboration avec d'autres communes, souhaite également inclure la même clause dans ces contrats".
Logiciel israélien à la police
Le parti d'opposition PVDA salue le boycott, mais souhaite aller plus loin. "C'est le mérite de nombreux Louvanistes et du mouvement palestinien de notre ville. Il était grand temps. Nous plaidons cependant pour une formulation plus stricte, afin d'exclure catégoriquement toute collaboration".
"Par ailleurs, nous devons également examiner les contrats existants. Par exemple, la police a un contrat avec Cellebrite, une société d'espionnage israélienne, pour lire les téléphones portables. Ce logiciel a été testé sur des Palestiniens. Il existe de nombreuses alternatives de partenariat à cette entreprise criminelle. Voter pour un boycott tout en maintenant cette collaboration est une pure hypocrisie", estime le Parti des travailleurs.
Monopole en Belgique
Le bourgmestre socialiste Mohamed Ridouani (photo) estime que le boycott est une étape importante. "C’est un point de départ, pas un aboutissement. Nous le prenons très au sérieux et le mettrons rapidement en vigueur".
"Pour ce qui est de Cellebrite, cette entreprise a pratiquement le monopole dans notre pays. Presque tous les corps de police utilisent ce logiciel. Nous ne pouvons pas simplement couper le courant avant d’avoir trouvé une solution alternative. Nous y travaillons effectivement déjà, mais il vaudrait mieux que tous les corps de police concernés changent d’entreprise au même moment, pour éviter le chaos", concluait le bourgmestre.
