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Monique et Denise.

Denise, la doyenne des Belges (109 ans), quitte sa maison de repos pour retrouver son appartement à Mortsel

Denise Waelbers, la plus âgée des habitantes de Belgique, vit à nouveau dans son appartement à Mortsel (Anvers). C’est d’autant plus surprenant que, il y a à peine cinq mois, la centenaire de 109 ans avait intégré une maison de repos.

Eric Steffens
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"J’ai fait sortir Denise de la maison de repos. Elle s’y sentait seule. Alors qu'ici, il y a toujours quelqu’un avec elle", explique Monique Van den Broeck, la voisine qui s’occupe d’elle depuis neuf ans. "Dans l’établissement, elle était comme une âme en peine. Seule, à attendre qu’on vienne lui rendre visite. Ici, elle n’est jamais seule", poursuit-elle.

Denise Waelbers, âgée de 109 ans, est la doyenne de Belgique depuis 16 mois. "En avril, il avait été convenu que Denise irait vivre dans une maison de repos.  Cette solution s’est imposée parce que, ce printemps, j’ai moi-même dû suivre une période de rééducation après une maladie et je ne pouvais plus m’occuper d’elle", explique encore Monique. "Sa famille avait donc décidé que Denise devait aller en maison de repos, même si je n’étais pas d’accord."

Mais quelques mois plus tard, tout est donc redevenu comme avant dans l’appartement de Mortsel. "Je suis très heureuse d’être de nouveau chez moi. Ici, je suis plus libre et entourée de personnes qui prennent bien soin de moi", confie Denise.

Pendant la journée, Monique est auprès de Denise, tout comme le service de soins à domicile. La nuit, une caméra installée dans l’appartement permet à Monique de veiller sur elle en cas de besoin.

Denises fêtera ses 110 ans vendredi 26 septembre

Vendredi 26 septembre, Denise Waelbers fêtera ses 110 ans. "Cela a déjà été célébré hier à l’église pendant la messe. Elle a reçu 110 cartes de voeux et la famille a partagé un repas festif qui était fantastique", se réjouit Monique.

Denise elle-même nuance quelque peu cette réjouissance. "Que peut-on me souhaiter encore ? Que ma vie ne dure plus trop longtemps car j’ai beaucoup de douleurs et je n’ai perdu le goût de vivre. À mon âge, on ne peut plus faire ce qu’on veut. Mais j’ai eu une belle vie", conclut Denise Waelbers.

Pourquoi est-ce si difficile de déménager lorsqu'on est très âgé ?

"Forcer quelqu’un à entrer dans une maison de repos contre sa volonté, ce n’est pas acceptable. La sécurité ne peut pas justifier qu’on prive une personne de sa liberté", estime la gériatre Elisabeth Vander Stighele (AZ Oostende). E

lle réagit à l’histoire de ces trois religieuses autrichiennes âgées qui ont refusé de quitter le couvent près de Salzbourg où elles avaient passé toute leur vie, et qui y sont même retournées après avoir été envoyées dans une maison de repos par leur congrégation. Leur cas illustre un enjeu plus large : celui de nombreux aînés qui veulent, coûte que coûte, rester chez eux.

Il s’agit d’un changement qui touche à ce que l’on connaît, à ce que l’on a construit au fil des années. Derrière, il y a toute une histoire remplie de souvenirs », explique-t-elle.

La pression vient souvent de l’extérieur. "La sécurité n’est plus garantie, il peut y avoir des troubles de la mémoire qui désorientent la personne âgée, ou encore un risque accru de chute", énumère Elisabeth Vander Stighele. "Face à cela, l’entourage conclut souvent : Ça suffit, il faut quitter ta maison. Mais il faut éviter de céder trop vite à cette logique", avertit-elle.

Le deuil d’un mode de vie demande du temps

Selon la gériatre, il faut souvent trois à six mois aux aînés pour s’adapter à leur nouvel environnement. "La maison de repos souffre encore trop souvent d’une image sombre et négative. Pourtant, elle peut aussi représenter une nouvelle étape de vie, qui peut être bien vécue. Mais le passage, lui, reste toujours un choc".

Que faire lorsqu’une personne âgée refuse catégoriquement de déménager, malgré les risques ? La position de Vander Stighele est claire : "Forcer quelqu’un à entrer en maison de repos, est impossible. Une admission contrainte, comme en psychiatrie, n’existe pas pour les personnes âgées."

Même face à des dangers importants, comme un risque élevé de chute, elle estime que le choix doit rester entre les mains de l’intéressé. "C’est une question plus large : celle de la sécurité face à la liberté. Si une personne choisit la liberté, même au prix d’un danger accru, et considère nos mises en garde comme un fardeau, nous devons en tenir compte."

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