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La cérémonie d’ouverture de l’année académique perturbée à Gand par des actions en faveur de la Palestine

Une quinzaine de membres du corps académique, parmi lesquels des professeurs et des doyens, ont perturbé pendant plusieurs minutes l’ouverture officielle de l’année académique à l’Université de Gand (UGent). L’action a eu lieu juste avant la nomination de Petra De Sutter comme rectrice. La cérémonie s’était tenue, ironiquement, à l’intérieur, par crainte de perturbations. La police a dû intervenir pour évacuer un groupe de manifestants avant que la cérémonie ne puisse se poursuivre. Une centaine de manifestants étaient également rassemblés à l’extérieur.

Eric Steffens
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Un groupe d’une centaine de manifestants s’était rassemblé devant le bâtiment Ufo, où Petra De Sutter reprenait officiellement le flambeau de rectrice des mains de Rik Van de Walle. Sur les conseils de la police, la cérémonie avait eu lieu à huis clos, alors que l’an dernier le cortège d’ouverture avait dû faire demi-tour face aux protestations violentes. À l’intérieur, des protestations bruyantes et prolongées ont quand même éclaté, venant d’une quinzaine d’universitaires.

Les manifestants réclament que l’université applique un boycott total vis-à-vis d’Israël. Selon eux, l’UGent se rend aujourd’hui complice de la violence génocidaire à Gaza en ne rompant pas complètement toutes ses collaborations avec des institutions ou des entreprises israéliennes.

Une quinzaine de membres du corps académique portaient des t-shirts avec des slogans pro-palestiniens ou des keffiehs. Ils les ont également exhibés pendant la partie officielle et ont lu ensemble, à haute voix, une déclaration en anglais pendant plusieurs minutes, juste au moment où le recteur sortant Rik Van de Walle s’apprêtait à commencer son discours. Les manifestants ont été applaudis par toute l’aula. Finalement, la police a dû intervenir pour évacuer un petit groupe de protestataires.

"Nous estimons que l’université tergiverse, cela dure déjà depuis plus d’un an et demi. La direction évoque de possibles réclamations en dommages et intérêts et des procédures. Nous avons une excellente faculté de droit, je pense que nous ne devons pas nous en inquiéter. L’UGent a non seulement un devoir scientifique, mais aussi un devoir moral. Nous jugeons important de le souligner et de demander qu’il se passe enfin quelque chose", déclare Stefaan De Neve, professeur à la faculté de Bio-ingénierie.

L’UGent estime que c'est à l’Europe d'agir

Petra De Sutter avait déjà déclaré qu’elle prenait à cœur les revendications des manifestants. "Nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce qui se passe à Gaza. Je ferai également entendre l’horreur que nous ressentons tous lors de la cérémonie d’ouverture. Nous sommes indignés. Nous voulons continuer à en discuter et réfléchir à la manière de sortir de cette situation. Mais cela ne peut pas se faire d’un seul coup."

Petra De Sutter souligne, tout comme son prédécesseur Rik Van de Walle, qu’elle compte sur le soutien européen pour mettre fin aux collaborations internationales. « Nous allons déjà plus loin que toutes les autres universités flamandes", avait-elle déclaré plus tôt. "Ce point reviendra à l’ordre du jour du Conseil d’administration."

Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déjà proposé la suspension de l’accord d’association européen Horizon Europe comme sanction. Cette décision donnerait aux universités la possibilité de se retirer de leurs collaborations avec Israël sans en subir de conséquences financières ou juridiques. Mais l’Europe n’a pas encore trouvé de consensus sur cette sanction.

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