" The Voice of Hind Rajab", ("La voix de Hind Rajab"), un film sur les dernières heures de la fillette palestinienne de 5 ans Hind, tuée par l’armée israélienne, fait partie des 12 films en lice pour le grand prix du Festival du film de Gand. Ce film sélectionné par la Tunisie pour les Oscars a déjà remporté plus tôt ce mois-ci le Lion d’Argent au Festival de Venise. Le Film Fest Gent débutera le 8 octobre avec Julian, de la Belge Cato Kusters, et se terminera le 19 octobre avec Urchin, du Britannique de 29 ans Harris Dickinson.
"The voice of Hind Rajab", le film sur une fillette palestinienne tuée par l’armée israélienne, en lice pour le grand prix au Film Fest Gent
Le film de la réalisatrice tunisienne Kaouther ben Hania, sur une fillette palestinienne tuée à Gaza en janvier 2024 par l'armée israélienne, s'appuie sur les véritables enregistrements de ses appels aux secours au Croissant-Rouge palestinien.
Alors qu’elle voulait fuir les bombardements israéliens avec sa famille sur Gaza, la voiture a été prise pour cible et tous les membres de sa famille ont été tués. Entourée des corps de ses proches, la petite fille appelle désespérément à l’aide le centre d’appel du Croissant-Rouge palestinien, basé en Cisjordanie. Arrivés sur place, les ambulanciers seront également abattus.
Le journaliste cinéma Lieven Trio a découvert le film lors de la Mostra de Venise : "On entend l’audio réel de l’appel : les secouristes qui tentent de rassurer l’enfant. C’est extrêmement difficile à voir et à écouter. Après la projection, je suis resté cinq minutes cloué à mon siège", a-t-il confié dans De Ochtend sur Radio 1. "The Voice of Hind Rajab" a remporté le Grand Prix du Jury (le Lion d’Argent) à Venise et représente également la Tunisie aux Oscars.
"Ce film a été très important pour moi car, lorsque j'ai entendu pour la première fois la voix d'Hind Rajab, il y avait quelque chose de plus que sa voix. C'était la voix de Gaza qui appelait à l'aide et personne ne pouvait entrer", a affirmé la réalisatrice, lors de sa sélection à Venise.
Le Film Fest Gent débute et se clôture avec des premiers films audacieux
Le Film Fest Gent, ce n’est bien sûr pas seulement la compétition internationale. Parmi plus de 1.600 films soumis ou repérés, 119 longs-métrages et 38 courts-métrages ont été sélectionnés pour être projetés à Gand.
Le 8 octobre, la Belge Cato Kusters (26 ans) ouvrira le bal avec son premier long-métrage Julian, un film bouleversant sur l’amour sous toutes ses formes. Une dizaine de jours plus tard, le festival se clôturera avec Urchin, du Britannique de 29 ans Harris Dickinson, qui dénonce la politique menée au Royaume-Uni à l’égard des sans-abri.
World Soundtrack Awards
Le Festival du Film de Gand est, depuis des années, le cadre prestigieux des World Soundtrack Awards, qui célèbrent cette année leur 25ᵉ anniversaire. Pour l’occasion, deux invités d’honneur fouleront le tapis rouge : la compositrice britannique de renommée mondiale Debbie Wiseman et l’Indien A.R. Rahman, célèbre pour la bande originale de Slumdog Millionaire.
Afin de marquer ce jubilé, le festival publie un coffret vinyle spécial rassemblant des œuvres et enregistrements de nombreux compositeurs invités au cours du dernier quart de siècle. À cela s’ajoutent un album CD dédié à Debbie Wiseman et une réédition enrichie de Craig Armstrong: Music for Film, le tout premier disque édité par Film Fest Gent en 2007.
Toutes ces morceaux de musiques sont interprétées par le Brussels Philharmonic, sous la direction de Dirk Brossé, chef d’orchestre et directeur musical du festival.
La cérémonie des World Soundtrack Awards aura lieu le mercredi 15 octobre au Muziekcentrum De Bijloke.
Le Film Fest Gent exclut les collaborations avec des sociétés israéliennes
Le festival du film de Gand n'établira plus de collaborations avec les sociétés et institutions cinématographiques israéliennes ayant des liens avec l'État et qui soutiennent sa politique. C'est ce qu'a annoncé jeudi sa directrice générale Marijke Vandebuerie lors de la présentation de la 52e édition du festival.
Cette prise de position découle de l'adhésion du festival à une déclaration internationale de cinéastes palestiniens. "La 52e édition du festival se déroule sur fond de génocide en Palestine. Nous avons signé une déclaration internationale des cinéastes palestiniens dans laquelle nous nous engageons à ne pas collaborer avec les organisations israéliennes impliquées dans le génocide et l'apartheid à l'égard de la population civile palestinienne", a expliqué Mme Vandebuerie.
Concrètement, le festival vérifiera si les productions ou les projets soumis ont des liens institutionnels avec l'État israélien. La mesure ne vise cependant pas les créateurs à titre individuel. "Non, elle ne s'adresse pas aux individus. Elle vise les institutions israéliennes qui ont des liens avec l'État israélien et qui donc souscrivent à sa politique", a précisé la directrice générale.


