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Des entreprises de pompes funèbres accusées de verser des pots-de-vin pour “s’approprier” des défunts en maison de repos et à l’hôpital

En Flandre, plus d'une dizaine de témoignages font état de pratiques controversées au sein de plusieurs maisons de repos ainsi qu'à l'hôpital anversois ZAS Middelheim. Des collaborateurs accepteraient de l'argent de la part d'entrepreneurs de pompes funèbres en échange que ces derniers puissent venir chercher les corps des défunts. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’émission de consommation “WinWin”, diffusée ce jeudi soir sur la VRT.

Eric Steffens
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L’émission "WinWin" sur VRT1 a recueilli une douzaine de témoignages à ce sujet. L’association professionnelle Funebra reconnaît l’existence de ces pratiques : "Certains entrepreneurs de pompes funèbres offrent jusqu’à 250 euros par corps. Payer pour un défunt est inacceptable."

D’après les témoignages recueillis, les établissements collaborent souvent avec des entrepreneurs de pompes funèbres "attitrées", sans que les familles des défunts aient leur mot à dire. Dans certains cas, celles-ci n’étaient averties qu’a posteriori, alors que le corps avait déjà été transféré.

Or, selon la loi, le choix de l'entreprise de pompes funèbres revient à la famille. Toute autre pratique – comme le recours systématique à une entreprise "attitrée" – est contraire à la législation. Ce n’est que si la famille est introuvable ou qu’il existe un risque pour la santé publique qu’une exception est possible.

Champagne, pralines et argent

Selon des sources internes, ces arrangements s’accompagnent de cadeaux, mais aussi souvent d’argent. Un entrepreneur de pompes funèbres, qui a souhaité garder l’anonymat, explique avoir décidé de témoigner parce qu’il juge ces pratiques contraires à l’éthique.

"On ne doit pas faire de profit sur des personnes décédées. Dans certaines maisons de repos, ce sont toujours les mêmes collègues qui interviennent. En échange de cadeaux – champagne, pralines – mais aussi d’argent, ils obtiennent le droit de récupérer les défunts. Cela peut aller jusqu’à 250 euros par corps. Ces frais sont ensuite tout simplement répercutés sur la famille."

L’hôpital Middelheim d'Anvers cité

Les lanceurs d’alerte évoquent plusieurs maisons de repos, mais aussi un hôpital régulièrement mentionné : le ZAS Middelheim d’Anvers. Un membre du personnel y aurait, pendant des années, accepté de l’argent en échange des corps des défunts. Un témoin anonyme raconte comment sa propre amie s’est vu refuser le choix de son entreprise de pompes funèbres à la morgue : "L’employé de la morgue a affirmé qu’il travaillait avec une entreprise attitrée. Quand nous avons protesté, il nous a rabrouées et mises à la porte." Sa plainte auprès du service de médiation de l’hôpital n’a rien donné.

Plusieurs personnes du secteur funéraire confirment ce récit

"De nombreuses familles nous disent qu’un employé de la morgue a tenté de les convaincre de faire appel à l’entreprise ‘attitrée’ de l’hôpital." La rédaction de WinWin a pu consulter des mails internes qui montrent que la direction était au courant de cette pratique.

La direction de l'hôpital a ouvert une enquête interne mais n'a jamais pu prouver l'existence de cette pratique. Une enquête de la commission d'intégrité de la ville d'Anvers a également été classée sans suite pour "manque de preuves". L'hôpital Middelheim s'est dit indigné par ces nouveaux témoignages. L'institution invite les proches ayant vécu de telles expériences à les signaler.  

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