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Fin des allocations pour certains chômeurs de longue durée : "un signal décourageant", selon un expert

Un courrier annonçant la fin de leurs allocations de chômage a été envoyé lundi aux personnes sans emploi depuis plus de vingt ans. Le psychologue du travail Hans De Witte (KU Leuven) craint que ce message ne soit contre-productif : “Cela risque de décourager de nombreux chômeurs de longue duré".

Eric Steffens
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La limitation dans le temps des allocations de chômage faisait partie des principales mesures de l’accord de Pâques du gouvernement fédéral. L’objectif : remettre davantage de personnes au travail.

Les premiers à perdre ce droit aux allocations sont les personnes sans emploi depuis plus de vingt ans. Dès ce lundi, elles pouvaient recevoir un courrier de l’Office national de l’emploi (ONEM) les avertissant qu’elles perdront leurs allocations à partir du 1er janvier 2026.

"Impuissants et désillusionnés"

"Je peux imaginer que cela suscite deux types de réactions", explique Hans De Witte, professeur émérite de psychologie du travail (KU Leuven). "Cela découragera sans aucun doute de nombreux chômeurs de longue durée", dit-il au micro de De Wereld Vandaag sur Radio 1 (VRT). "À côté de cela, vous aurez aussi un groupe de personnes en colère, qui vivront cela comme une injustice. Surtout quand elles repensent à toutes ces années passées à chercher un emploi sans succès."

Le professeur Hans De Witte précise que la majorité des personnes concernées appartiendront sans doute au premier groupe, celui des découragés. "Nous savons en général que ces personnes se sentent déjà impuissantes et désillusionnées. Les recherches montrent que le chômage de longue durée a un impact négatif sur le bien-être. Perdre son emploi, c’est comme recevoir un coup de massue", estime Hans De Witte.

Et pas qu’un seul, ajoute-t-il. "Après 6 à 12 mois de recherches infructueuses, la confiance en soi prend un premier coup. On réalise que retrouver un emploi ne sera pas évident, que ce sera difficile. Et après 5 ans, beaucoup finissent par se dire : je n’y arriverai plus, je ne m’en sortirai jamais."

Sentiment de culpabilité

À cela s’ajoute le regard de la société. "On pense souvent que si une personne est au chômage depuis longtemps, c’est de sa faute, qu’elle ne veut pas travailler. Mais la recherche prouve que ce n’est pas vrai : la plupart des chômeurs souhaitent au contraire retrouver un emploi."

Or, paradoxalement, la durée du chômage est souvent un critère négatif pour les employeurs. "Comme le fait d’avoir un faible niveau de qualification, d’être plus âgé ou de ne pas être d’origine belge, cela place les candidats en fin de file."

Accompagner plutôt que sanctionner

Selon lui, la véritable piste réside ailleurs : "J’aurais préféré que le gouvernement renforce l’accompagnement des chômeurs de longue durée. Identifier leurs compétences, voir quelles opportunités existent pour eux sur le marché de l’emploi."

Sanctionner, comme on le fait aujourd’hui, c’est simplement pointer du doigt les victimes.

Hans De Witte, professeur émérite de psychologie du travail (KU Leuven)

"Travailler pas à pas à leur réinsertion, voilà la véritable solution. Sanctionner, comme on le fait aujourd’hui, c’est simplement pointer du doigt les victimes."

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