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Jan Jambon veut rendre le “shopping transfrontalier” moins attractif pour les Belges

"Les accises sont tellement élevées chez nous que certains produits coûtent moins cher dans les pays voisins." Conséquence : de nombreux Belges franchissent la frontière pour faire leurs courses, par exemple dans la chaîne française Auchan. Le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), souhaite rendre ce phénomène de “shopping transfrontalier” moins attrayant et favoriser les achats nationaux. "En abaissant les accises, on peut même augmenter les recettes", a-t-il déclaré à la chaîne privée flamande VTM Nieuws.

Eric Steffens
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"Il y a une différence nette entre le prix de certains produits juste de l’autre côté de la frontière et en Belgique", réagit le porte-parole de Jan Jambon auprès de VRT NWS. "Les rapports de l’Observatoire des prix sont très clairs à ce sujet."

Dans l’accord de gouvernement, il est prévu que l’équipe De Wever souhaite rendre à nouveau le shopping en Belgique attractif. Jambon veut désormais passer à la pratique lors des prochaines discussions budgétaires, qualifiées par le Premier ministre Bart De Wever de "col hors catégorie".

Priorité aux réformes

Selon Jan Jambon, la Belgique a surtout besoin de réformes. « L’accord de gouvernement stipule que deux tiers des efforts doivent passer par des réformes. Mon agenda sera donc principalement une agenda de réformes », a expliqué le ministre des Finances.

"La Belgique est le pays le plus taxé de toute l’OCDE", a souligné Jambon. "Je pense donc que la marge pour augmenter encore fortement les taxes est très limitée." Mais, selon lui, le gouvernement fédéral peut agir "du côté des recettes" en abaissant certaines taxes et ainsi générer des revenus supplémentaires.

Jan Jambon a cité l’exemple des “grensshoppers” (achats transfrontaliers) : "Le long de la frontière française, beaucoup de gens vont faire leurs courses juste de l’autre côté, par exemple à Villeneuve-d'Ascq (V2), Leers, et Roncq. Les accises sont tellement élevées chez nous que les produits y sont moins chers."

"En abaissant les accises, on peut donc augmenter les recettes", a-t-il ajouté. "Et notre objectif, bien sûr, reste d’augmenter les revenus."

"Ce serait une situation gagnant-gagnant", renchérit son porte-parole. "Le pouvoir d’achat des gens s’améliore, tout en dépensant de l’argent dans nos propres commerces."

Un caddie moins cher

L’accord de gouvernement prévoit déjà plusieurs baisses de taxes afin d’alléger le coût du panier des ménages et de freiner les achats transfrontaliers. Ainsi, les accises sur les boissons zéro, le thé et le café seront supprimées.

La taxe sur les emballages réutilisables devrait également être supprimée, tandis que la taxe sur les bouteilles d’eau sera réduite, tout comme celle appliquée aux produits dont le prix dépasse largement celui pratiqué dans nos pays voisins. De plus, le gouvernement fédéral souhaite "examiner quelles autres accises pourraient être abaissées pour limiter les achats transfrontaliers".

Outre cette taxe sur les emballages, la Belgique applique également une taxe sur les boissons sucrées et des accises plus élevées sur les spiritueux.

Le secteur de l’alcool a déjà signalé à plusieurs reprises qu’il subit des pertes de revenus parce que les Belges achètent l’alcool de l’autre côté de la frontière. Reste à voir s’il y aura suffisamment de soutien politique pour réduire les accises sur l’alcool.

Pour l’instant, la N-VA ne souhaite pas encore se positionner, "afin de ne pas bloquer les discussions budgétaires" précise son porte-parole. "Mais tant les accises sur l’alcool que la taxe sur le sucre feront l’objet de discussions. Le débat est ouvert."  

Jan Jambon (N-VA)

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