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Dès 2027, il sera interdit de fumer et vapoter sur les terrasses publiques, le secteur Horeca inquiet pour son avenir

Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a annoncé vendredi soir une nouvelle décision de son gouvernement : dès le 1er janvier 2027, il ne sera plus permis de fumer ou de vapoter sur les terrasses de cafés ou restaurants. De même, les fumoirs dont disposent certains cafés et aéroports, ainsi que les bars à chicha seront interdits. Alors que les spécialistes de la santé se réjouissent de cette nouvelle mesure préventive, les fédérations Horeca réagissent négativement à la nouvelle interdiction. Elles demandent une concertation avec le ministre et soulignent que plusieurs points restent à éclaircir.

Anne François Belga
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Plusieurs mesures ont déjà été prises ces dernières années dans lutter contre le tabagisme, que ce soit pour restreindre les lieux où le tabac est autorisé ou pour limiter la vente de produits de tabac. Le gouvernement De Wever a poursuivi sur cette lancée. L'accord de majorité prévoit d'étendre l'interdiction de fumer aux terrasses, une mesure suscitant le mécontentement des fédérations Horeca. La décision est désormais prise, elle a reçu le feu vert du conseil des ministres ce vendredi.

L'interdiction de fumer et vapoter s'appliquera aux terrasses publiques et à proximité de celles-ci. L'utilisation de fumoirs publics sera aussi proscrite, comme le font encore certains cafés ou aéroports, alors que les clubs de cigares ou les bars à chicha seront aussi visés par l’interdiction. L'intention initiale était de mettre en œuvre cette mesure à partir du 1er janvier 2026, mais une année supplémentaire a été accordée pour permettre aux établissements concernés de s’adapter.

"Protéger la santé des personnes et créer un environnement sain pour tous, voilà notre objectif", a expliqué Frank Vandendenbroucke (photo). "Grâce à ces mesures, nous évitons que les enfants et les adultes soient exposés involontairement à la fumée nocive des cigarettes et nous veillons à ce que les gens ne soient pas tentés d'allumer une cigarette. Car voir fumer incite à fumer", soulignait le ministre de la Santé.

Le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke

La Belgique peut faire mieux

Le ministre fédéral a rappelé les méfaits du tabac, qui demeure l'un des produits les plus mortels dans notre société. En Belgique, quasiment deux personnes meurent chaque heure des suites du tabagisme. Le nombre de fumeurs a toutefois diminué: selon la dernière enquête santé publiée par l’Institut Sciensano en juillet, 17,6 % de la population belge déclare fumer, dont 12,8% tous les jours. En 2018, ces chiffres s'élevaient encore respectivement à 19,4% et 15,4%.

La cigarette électronique constitue le nouveau défi, estime Frank Vandenbroucke. Elle a gagné du terrain, surtout auprès des jeunes. En 2023-2024, 21,7% de la population disaient l'avoir déjà essayée. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, 6,3% disent vapoter quotidiennement et 11,1% occasionnellement. Et 60% des utilisateurs combinent la cigarette électronique et le tabac.

Les amendes et exceptions

Le gérant d'un établissement Horeca sera tenu d'apposer une signalisation claire et d'interpeller ses clients s'ils allument une cigarette ou vapotent sur sa terrasse. Il sera tenu responsable en cas de signalisation insuffisante, d'autorisation (implicite) de fumer, de mise à disposition d'éléments pouvant inciter à fumer, comme des cendriers, etc. S'il fait ce qu'il faut pour faire respecter l'interdiction de fumer, il ne risque ni amende ni sanction.

Le fumeur qui enfreint lui-même l'interdiction sera toujours tenu responsable. Lors d'événements temporaires, comme les festivals, foires, braderies ou marchés de Noël, la commune peut adapter temporairement les mesures (et lever l’interdiction de fumer et vapoter), car leur application peut s'avérer difficile.

L'interdiction pourrait être exceptionnellement levée sur des événements temporaires tels que des marchés de Noël

Horeca : "Un jour sombre pour la liberté de choix"

Horeca Vlaanderen parle d'un "jour sombre pour la liberté de choix du secteur". S'il se dit soulagé que la mesure soit désormais prévue pour 2027, et non 2026 comme initialement prévu, le président de la fédération flamande Matthias De Caluwe (photo) rappelle que "nous avions insisté sur le fait que nous ne voulions pas jouer les agents de sécurité et avions demandé un protocole clair avec une liste des mesures à prendre par les exploitants. Nous continuons à le répéter".

Le président de la fédération flamande Matthias De Caluwe (archives)

"Nous partageons l'objectif de protection de la santé publique. Mais une telle mesure, prise sans concertation avec les acteurs de terrain, suscite de fortes inquiétudes pour l'avenir de nos établissements", a déclaré pour sa part le président de la Fédération Horeca Bruxelles, Matthieu Léonard, qui rappelle que les exploitants ont consenti à des "investissements considérables" depuis plus de dix ans pour se conformer à des règles "claires et encadrées".

Horeca Bruxelles fait remarquer que la disparition des espaces fumeurs réglementés ne supprimera pas la pratique. "Les risques d'attroupements sur la voie publique, de nuisances sonores, de tensions de voisinage et de difficultés supplémentaires pour les autorités locales sont réels". De plus, le contrôle effectif d'une interdiction à 10 mètres autour de chaque terrasse "pose des questions pratiques et juridiques majeures".

Un constat également partagé par la Fédération HoReCa Wallonie qui déplore la rapidité de cette décision, "prise sans réelle concertation et sans prise en compte de l'impact économique et social majeur pour notre secteur". La Fédération rappelle à ce titre la fragilité du secteur qui a connu près de 1.950 faillites l'an dernier en Belgique, entraînant la perte d'environ 5.000 emplois.

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