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Bart De Wever a assisté à un concert du chef d'orchestre israélien Lahav Shani à Essen en Allemagne

L’annulation par le Gent Festival van Vlaanderen du concert de l'Orchestre philharmonique de Munich dirigé par l'Israélien Lahav Shani continue de provoquer de nombreuses réactions en sens divers en Flandre. Plusieurs personnalités politiques dont le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) ont dénoncé cette décision. De son côté, le conseil d’administration du Gent Festival Van Vlaanderen maintient sa décision, à moins qu’une nouvelle donne ne survienne.

Eric Steffens Belga
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Le Premier ministre Bart De Wever a assisté à un concert de l'Orchestre philharmonique de Munich (Münchner Philharmoniker), dirigé par l'Israélien Lahav Shani, dans la ville allemande d'Essen. Le chef du gouvernement a publié une photo sur Instagram samedi où on le voit serrer la main du chef d'orchestre israélien.

Le Münchner Philharmoniker devait se produire le 18 septembre, sous la direction de Lahav Shani, à Gand, mais le Gent Festival van Vlaanderen a annulé la prestation. Les organisateurs ont évoqué "des précisions insuffisantes quant à sa position par rapport au régime génocidaire de Tel-Aviv". Bart De Wever a dénoncé la décision.

Dans le texte accompagnant sa publication, le Premier ministre indique que "jamais, au grand jamais, le racisme et l'antisémitisme n'auront leur place dans ce pays". "C'est là que je mets mes limites. Je condamne donc fermement la récente suppression du Münchner Philharmoniker du Festival van Vlaanderen de Gand, uniquement sur la base de l'origine du chef d'orchestre Lahav Shani.

Conner Rousseau : "Le Premier ministre peut-il arrêter d'attiser les tensions ?"

Cette décision a suscité de vives réactions et critiques dans le nord du pays. Certaines voix se sont même élevées pour demander la démission de la ministre flamande de la Culture, Caroline Gennez (Vooruit), qui a exprimé son soutien publiquement.

De son côté, le président de Vooruit, Conner Rousseau, a critiqué dimanche la visite du Premier ministre Bart De Wever au chef d'orchestre israélien Lahav Shani.

"Le Premier ministre peut-il arrêter d'attiser les tensions ?", a réagi le président des socialistes flamands dans plusieurs médias. Il a ensuite confirmé ces propos à Belga. "Toute l'attention devrait se porter sur le budget de notre pays. Et sur la manière dont nous allons le remettre en ordre de manière sociale. C'est ce que les gens attendent de lui."

"Bart De Wever ferait mieux de licencier ses propres membres de la N-VA au sein du conseil d'administration de ce festival", ajoute Conner Rousseau. "Ce sont eux qui ont pris cette décision et qui l'ont approuvée."

Le député Christoph D'Haese menace de quitter le CA du Gent Festival Van Vlaanderen

Le député fédéral Christoph D'Haese (N-VA) a menacé de quitter le conseil d'administration (CA) du Gent Festival van Vlaanderen, dont il est membre. S'il ne parvient pas à convaincre les autres membres de revenir sur leur décision d'annuler le concert de l'Orchestre philharmonique de Munich (Münchner Philharmoniker), il "en assumera l'entière responsabilité et démissionnera de son poste de membre du conseil d'administration".

Si rien n’a changé entre-temps, je n’ai aucune raison de revenir sur ma décision et de permettre au concert de se tenir.

Karine Moykens, membre du conseil d’administration du Gent Festival van Vlaanderen.

Ce lundi soir, le conseil d’administration du Festival de Flandre à Gand se réunit à nouveau au sujet de la décision d’écarter l’orchestre allemand dirigé par le chef israélien Lahav Shani. Karine Moykens, haute fonctionnaire du gouvernement flamand et membre du conseil d’administration, explique que les administrateurs "vont reprendre point par point les informations les plus récentes".

"Pour être clairs, nous n’avons pas pris de décision politique au sein du conseil d’administration. Nous avons unanimement décidé sur la base de toutes les informations disponibles. Notre volonté était de préserver le sens même du festival : créer du lien à travers la musique."

"S’il n’y a pas eu de changements d’ici là, je ne vois pas de raison de modifier mon opinion et d’autoriser le concert à se tenir avec le même chef d’orchestre." Elle suggère toutefois qu’une prise de position publique de l’orchestre ou du chef d’orchestre contre la guerre ou contre le régime israélien pourrait éventuellement faire évoluer la situation." Mais cela ne dépend pas de moi, cela doit venir de leur côté."

14 lieux culturels flamands défendent la décision du Festival van Vlaanderen

Quatorze hauts lieux culturels flamands ont tenu lundi à exprimer leur soutien à la décision du Gent Festival van Vlaanderen, dans une lettre ouverte publiée par le quotidien De Morgen.

Les quatorze lieux culturels qui s'expriment lundi comportent l'ancien Vooruit, VIERNULVIER, à Gand, ou encore le KVS, le théâtre flamand installé à Bruxelles. Ces maisons de culture regrettent que la décision du Festival van Vlaanderen soit "utilisée stratégiquement" par certains politiciens, "pour polariser davantage et diviser notre société déjà fragile". Un exemple "du monde dans lequel nous vivons et du grand écart de la moralité européenne".

Les signataires de la lettre ouverte estiment en premier lieu que la programmation du concert était "malheureuse". Le chef est "directeur musical de l'orchestre philharmonique d'Israël, qui se définit comme ambassadeur d'Israël", justifient-ils. "Que Lahav Shani décide (...) de se taire (au sujet du rôle joué par Israël dans la bande de Gaza, NDLR) est son droit. Tout comme nous avons le droit, en tant que représentants d'organisations culturelles engagées, de ne pas programmer des artistes qui restent volontairement silencieux au sujet de violations aussi flagrantes des droits de l'homme".

Les organisations dénoncent un "deux poids deux mesures", et rappellent que l'indignation ne semblait pas si vive quand un spectacle du metteur en scène et chorégraphe Alain Platel, très engagé en faveur d'un boycott culturel d'Israël, avait été "retiré de l'affiche de la Ruhrtriennale".

"L'unité que trouvent certains politiciens aujourd'hui pour dénoncer le festival était bien absente ces derniers mois quand il s'agissait de dénoncer un génocide. Mais quand une organisation culturelle tente de donner un signal clair, on trouve à la vitesse de l'éclair son chemin vers X".

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