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À Lokeren, un ancien stand de tir allemand ouvre pour la première fois au public, à l'occasion de la Journée du Patrimoine

En 1941, l’occupant allemand fit construire à Lokeren (Flandre orientale), dans le quartier de Molsbergen, un imposant stand de tir : le Siebels. Quatre-vingt-cinq ans plus tard, il est toujours debout. C’est un site unique en Belgique, qu’on ne retrouve aujourd’hui qu’en Allemagne et en Pologne. Bien que non protégé et situé sur un terrain privé, il peut être exceptionnellement visité ce dimanche à l’occasion de la Journée du Patrimoine. 

Eric Steffens
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Pour Jacqueline Baetens, présidente du cercle d’histoire locale "De Souvereinen", c’est presqu’incroyable que ce stand ait survécu jusqu’à aujourd’hui.

"Le bâtiment n’a jamais été protégé et, pendant 80 ans, il a risqué d’être démoli. Le fait que nous puissions aujourd’hui y accueillir des visiteurs est vraiment exceptionnel."

Construit sous l'ordre de l'occupant allemand

Édifié en briques rouges durant la Seconde Guerre mondiale sur ordre des Allemands, le stand servait aux soldats et officiers pour s’exercer au tir au pistolet et au fusil. Deux digues — l’une de 25 mètres et l’autre de 250 mètres — étaient destinées à arrêter les balles. Elles ont été rasées peu après la guerre.

"Les Allemands devaient apprendre à tirer là-bas", explique Jacqueline Baetens. "D’après ce qu’on raconte, les soldats qui s’y entraînaient étaient ensuite envoyés sur le front de l’Est". Nous n’avons pas pu le confirmer dans les documents, mais cela a très probablement été le cas en grande partie.

D’après les recherches des Archives de l’État à Gand, la construction date de la même période que le camp de Lokeren, où ont été détenus des prisonniers de guerre britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après 1945, le camp a été aménagé en centre d’internement pour des hommes suspectés de collaboration de toute la province de Flandre-Orientale. Après quelque temps, des collaborateurs condamnés y ont également été incarcérés. Le camp a fermé ses portes en octobre 1947. Durant cette période, un peu plus de 10.000 hommes y ont été internés.  

Exposition et témoignages

À l’occasion de la Journée du patrimoine qui a lieu ce dimanche 14 septembre, le cercle "De Souvereinen" organise des visites guidées. À l’intérieur, une petite pièce a été conservée : elle servait autrefois à actionner les cibles métalliques. On y projette désormais un petit film montrant des images d’un stand de tir similaire en Pologne.

"Nous avons voulu montrer aussi comment le bâtiment a évolué au fil des années, d’une austère construction militaire à un édifice envahi par le lierre", explique encore Jacqueline Baetens. "Les prises de vue par drone le révèlent très clairement."

"Un ancien propriétaire avait transformé le bâtiment en entrepôt. L’actuel propriétaire, lui, mesure pleinement sa valeur patrimoniale. Il a fait raser les annexes et tient à préserver la structure d’origine. Son ambition est de lui offrir une nouvelle vocation, peut-être touristique. Mais, ce n’est encore qu’un projet"

Étant donné que le stand de tir se trouve sur un terrain privé et n’est pas protégé, il était jusqu’à présent difficile d’accès. Seules de petites groupes pouvaient y entrer exceptionnellement.

"Aujourd’hui, c’est la première fois qu’il est réellement ouvert au grand public. C’est sans doute l’une des rares occasions de le voir, car le risque de démolition subsiste", explique encore Jacqueline Baetens.  

De schietmuur in Lokeren (le stand de tir de Lokeren) pourra être visité ce dimanche 14 septembre, lors de la Journée du patrimoine, de 10 h à 17 h. Cette activité est organisée par le cercle d’histoire locale "De Souvereinen", en collaboration avec la ville de Lokeren.

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