À Anvers s’ouvre, à l’hôtel de ville, une nouvelle exposition gratuite intitulée "Witte raven van 't verzet" (Les oiseaux rares de la Résistance), organisée pour commémorer la libération de la ville. L’objectif est de faire revivre les récits de résistants d’origine étrangère durant la Seconde Guerre mondiale. "Nous voulons que chacun puisse se retrouver dans l’histoire de la ville", expliquent les organisateurs de l'exposition.
À Anvers, l’histoire méconnue des résistants étrangers reprend vie à travers une expo
Chaque année, Anvers commémore la libération de la ville par une cérémonie. Mais, alors que les derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale disparaissent peu à peu, la ville cherche à transmettre ces récits essentiels aux nouvelles générations et à ses habitants à travers divers projets.
L’un de ces projets est l’exposition temporaire "Witte raven van 't verzet", qui présente des portraits et des récits de guerre inédits de résistants d’origine étrangère.
La libération d'Anvers pendant la Seconde Guerre mondiale a eu lieu le 4 septembre 1944, lorsque les chars britanniques sont entrées dans la ville. Cette date marque un moment clé, mais les combats pour sécuriser le port et l'estuaire de l'Escaut se sont poursuivis, car la Bataille de l'Escaut a duré jusqu'au 8 novembre 1944, assurant l'accès aux navires alliés. La résistance a joué un rôle crucial en aidant les Alliés à prévenir la destruction du port et en participant aux combats près du centre-ville et dans les environs.
Des histoires méconnues
Les étrangers ont joué un rôle significatif dans la Résistance belge pendant la Seconde Guerre mondiale.
"On estime qu’il y a eu entre 3.000 et 4.000 résistants d’origine étrangère officiellement reconnus. Il s’agissait de personnes venues de nos pays voisins, mais aussi du Congo, de Chine ou du Maroc, qui ont rejoint la Résistance", explique Janiv Stamberger, coordinateur du Vredescentrum (Centre de la Paix).
"Cela reste une minorité, mais ces récits n’en sont pas moins intéressants. Ils apportent des éclairages sur l’histoire de la Résistance qui sont restés dans l’ombre".
L’exposition présente une galerie de 7 portraits de ces résistants étrangers et retrace leur parcours.
Parmi eux, Mohammed El Hadi Atteya (1917-1972), surnommé Eddy. Il est né en Égypte et s’installe à Anvers en 1930 avec sa famille. Marié à Rosalia Hendrika Nieuwlaat, il vit avec elle et leur fils à Mortsel, où le foyer échappe de justesse au bombardement allié du 5 avril 1943 qui fait près de 936 victimes.
Armé d’un fusil, il s’engage aussitôt dans des actions de résistance : à Berchem, il détruit des nids de mitrailleuses près de la caserne et du chemin de fer, et abat un SS responsable de l’exécution de civils. Son courage lui vaut d’être intégré aux Milices patriotiques, une organisation résistante d’inspiration de gauche.
Dans les mois qui suivent, il participe à plusieurs opérations à Merksem, Putte, Wijnegem et lors de la libération de Kallo. Le 18 novembre 1944, il est démobilisé et sera ensuite officiellement reconnu comme résistant armé.
Les personnes issues de l’immigration connaissent souvent moins l’histoire locale de la guerre, et nous souhaitons y remédier.
Janiv Stamberger, coordinateur du Vredescentrum.
"À Anvers, on compte aujourd'hui environ 173 nationalités différentes, et l’on constate souvent que les personnes issues de l’immigration ont moins de lien avec l’histoire locale de la guerre", explique encore Janiv Stamberger.
"En mettant en avant des récits plus reconnaissables, nous voulons que tous les jeunes – dont une grande partie est d’origine non belge – puissent plus facilement se retrouver dans le passé de cette ville."
Une exposition gratuite L’exposition est accessible gratuitement à l’hôtel de ville du 8 au 29 septembre . Elle voyagera ensuite vers d’autres lieux, notamment la Bibliotheek Permeke et la Bibliotheek Vrede.
