Pour le ministre-président flamand Matthias Diependaele (photo), la Flandre contribuera déjà considérablement dans les prochaines années aux efforts budgétaires que doit fournir l’Etat fédéral. Il pointe essentiellement le manque à gagner, pour sa Région, qu'entraine la baisse de la fiscalité sur le travail annoncée par le fédéral: ce sont "de 900 millions à 1 milliard d'euros" que la Flandre voit s'envoler, affirme Diependaele, sans détailler les bases de ce calcul. Il répond ainsi au président du MR, Georges-Louis Bouchez, qui estime que les entités fédérées devront elles aussi mettre la main à la poche pour permettre à l'Etat fédéral de faire un effort budgétaire encore accru de 20 milliards d'euros (en plus des 23 milliards déjà prévus dans l'actuel accord du gouvernement). Le ministre-président flamand veut attendre de voir ce que Bruxelles et la Wallonie sont prêtes à faire.
Les Régions doivent-elles contribuer au budget fédéral ? "La Flandre le fait déjà", répond Diependaele à Bouchez
La baisse de fiscalité sur le travail, qui se fera essentiellement sentir en fin de législature (à partir de 2029), affectera toutes les Régions, via les centimes additionnels qu'elles prélèvent sur partie de l'impôt des personnes physiques.
En Flandre, il était aussi prévu d'éliminer le "jobbonus", la prime pour les travailleurs à bas salaire, dès que le "tax shift" fédéral permettrait de fournir la même augmentation de salaire-poche pour ces travailleurs. Mais étant donné le calendrier des réformes fédérales, la Flandre va garder son bonus plus longtemps que prévu, avec un coût certain à la clé.
En marge de sa visite au Royaume-Uni cette semaine, Matthias Diependaele a réagi à l'appel du président des libéraux francophones à faire davantage contribuer les entités fédérées aux efforts budgétaires que doit fournir le pays. "Nous le faisons déjà", assure le ministre-président flamand, qui ajoute vouloir d'abord voir ce que les Wallons et Bruxellois sont prêts à concéder. "On devra alors se retrouver à mi-chemin: s'ils veulent faire quelque chose, on peut regarder aussi".
Malgré ces difficultés, le ministre-président nationaliste assure maintenir un des objectifs phares de son gouvernement: viser l'équilibre budgétaire pour 2027. "Ce n'est pas un fétiche. Tôt ou tard, on se retrouvera face à une crise. Dans le passé on a eu la crise des banques, le coronavirus, on ne sait pas à quoi ressemblera la prochaine crise. Mais ce qui est certain, c'est qu'il faudra avoir un budget solide".

