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Des cybercriminels de plus en plus jeunes : des bandes de mineurs capables de voler 250.000 € en un week-end

Le parquet d’Anvers s’inquiète de voir les escrocs en ligne devenir de plus en plus jeunes. C’est ce qu’a déclaré la magistrate spécialisée en cybercriminalité Catherine Van de Heyning lors de l’émission "De Afspraak" (VRT Canvas). Selon elle, de plus en plus d’adolescents, parfois âgés de seulement 13 ou 14 ans, escroquent des personnes âgées via internet. "Pour eux, cela ressemble à un jeu", explique-t-elle.

Philip Heymans Eric Steffens
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"Malheureusement, pratiquer le phishing est devenu un jeu d’enfant. Beaucoup de jeunes s’y adonnent comme s’il s’agissait d’un divertissement, mais ce n’est évidemment pas anodin. Nous constatons également un durcissement des pratiques et une violence croissante dans les groupes Snapchat où l’on discute de gains rapides", précise la magistrate.

Selon elle, l’âge des auteurs ne cesse de baisser : "Il nous arrive de devoir chercher un majeur dans les groupes que nous démantelons. Et il s’agit parfois de bandes qui réussissent à dérober 250.000 euros en un seul week-end."

"Une appli, un tutoriel sur YouTube, et le tour est joué!"

Le profil de ces jeunes varie, poursuit Catherine Van de Heyning : "La plupart viennent de milieux modestes et passent beaucoup de temps sur leur smartphone. Mais il y a aussi des jeunes qui n’ont pas besoin d’argent. Pour eux, c’est un jeu. Ce sont souvent ceux qui mettent en place le système d’envoi de mails et qui recrutent d’autres pour aller chercher de l’argent ou des cartes bancaires chez les victimes."

L’aspect technique est en réalité à la portée de tous, ajoute-t-elle : "Les gens pensent qu’il s’agit de jeunes très compétents en informatique, mais ce n’est pas le cas. Il suffit de télécharger une application, de regarder un mode d’emploi sur YouTube et on peut se lancer. D’un seul coup, vous pouvez piéger des centaines, voire des milliers de victimes. C’est bien plus facile que de cambrioler une maison".

"De ce fait, les auteurs ne sont jamais en contact direct avec leurs victimes. Je me souviens d’un suspect, un majeur cette fois, qui s’est retrouvé au tribunal face aux victimes. Ces personnes pleuraient en lui disant : 'Vous nous avez volé notre pension.' Le choc dans les yeux de ce garçon était réel. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il a compris qu’il y avait une victime de l’autre côté. C’est évidemment différent pour les jeunes qui se rendent physiquement chez leurs victimes, les regardent dans les yeux et volent leur carte bancaire."

Certains auteurs ne réalisent pas qu’il y a une victime de l’autre côté.

Catherine Van de Heyning, du parquet d'Anvers

Selon Van de Heyning, la justice belge est déjà relativement avancée dans son approche de la cybercriminalité. "Mais la prévention reste essentielle. Parlez-en avec vos parents, avec vos enfants, sensibilisez-les à l’importance de rester vigilants."

L’avocat pénaliste Walter Damen confirme les constats de Van de Heyning, mais souligne également l’ !"impossible" mission de la police et de la justice :  "Lorsqu’une victime vient me voir et que nous découvrons que l’escroquerie a été commise depuis l’étranger, nous savons déjà que c’est perdu d’avance."  

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